Terminale S : les profs d’histoire-géographie demandent un « allègement » du programme

Les enseignants d'histoire-géo et leurs syndicats demandent un "allègement" du programme de terminale S, "impossible à boucler". A terme, le SNES-FSU réclame une "refonte des programmes".

histoire-géo

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La session 2015 du baccalauréat a vu le rétablissement d’une épreuve obligatoire d’histoire-géographie en terminale S, que la réforme Chatel du lycée de 2010 avait rendue optionnelle. Mais face à un programme qu’ils estiment “infaisable”, les professeurs de lycée se mobilisent.

En 2014-2015, les enseignants en charge des classes de terminale S “se sont rapidement rendus compte, au fur et à mesure que le Bac approchait, que le programme était bien trop vaste, avec un horaire hebdomadaire trop limité (2h) : il était impossible à boucler”, explique Claire Guéville, responsable nationale du secteur lycées du SNES-FSU.

Un programme « qui part dans tous les sens »

Carte du Croissant fertile / Licence CC Wikimedia Commons / NormanEinstein

Carte du Croissant fertile / Licence CC Wikimedia Commons / NormanEinstein

“Dans les exigences des épreuves du Bac, il y avait aussi une nécessité de presque exhaustivité qui a rapidement débordé les élèves, les mettant en difficulté”, ajoute la prof d’histoire, qui décrit un programme “foisonnant et partant dans tous les sens” – obligeant les enseignants à “zapper certains points, en les abordant mais sans les approfondir”.

L’impression partagée par la plupart des profs d’histoire de TS est ainsi “celle de ne pouvoir préparer correctement leurs élèves au baccalauréat”, indique Claire Guéville.

Une « restitution mécanique » des connaissances

Le programme d’histoire-géographie est en outre “articulé avec des exigences de restitution mécanique de connaissances, comme s’il fallait réciter sa leçon”, déplore l’enseignante.

Alors que les élèves “sont en passe de devenir majeurs”, le rythme” imposé par l’accumulation des questions” au Bac et “le côté pléthorique” du programme de TS “ne permettent pas de développer une vraie réflexion et une vraie analyse critique, avec du recul face aux connaissances acquises”, estime Claire Guéville.

Exemple avec l’épreuve de croquis, en géographie. “Théoriquement, un croquis se construit avec un axe, une problématique et une réflexion. Or, que demande-t-on aux élèves ? Mémoriser des croquis type, à restituer lors du bac”, constate-t-elle.

Un « allègement » du programme demandé « en urgence »

examen baccalauréat

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Le SNES-FSU, qui sera reçu par l’IGEN la semaine prochaine, réclame à terme une véritable “refonte” des programmes. “Mais en attendant, dans une situation d’urgence”, le syndicat demande “un allègement” du programme d’histoire-géo en TS.

Une pétition, diffusée en novembre par 6 syndicats (CGT Education, SNES-FSU, SNALC, SIES, SNC, SUD Éducation), a déjà recueilli 980 signatures.

Pour alléger le programme et le nombre de questions au Bac, “il peut être envisagé de laisser davantage de sujets au choix lors de l’épreuve”, note Claire Guéville. “Des points peuvent aussi être supprimés”, ajoute-t-elle.

Supprimer des « points qui se recoupent »

Lors de la conception du programme d’histoire en 2012, Alice Cardoso, responsable du groupe Histoire-Géo du SNES-FSU, avait “émis quelques réserves face à un grand manque de cohérence”. Elle avait proposé un amendement qui prévoyait le “retrait de certaines questions” – mais ce texte ne sera “jamais pris en compte”.

Des points ont “déjà été abordés” les années précédentes, ou “se recoupent entre histoire et géographie”, indique Alice Cardoso. Par exemple, une question d’histoire au bac sur la “gouvernance économique mondiale depuis les années 70” peut être abordée “en géographie, à travers le thème de la mondialisation”. Une étude du « Proche et du Moyen-Orient depuis 1945 » pourrait également être « recentrée uniquement sur le Proche-Orient ».

baccalauréat

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En géographie, “le programme est très morcelé, avec 11 questions à traiter en une trentaine d’heures”, et de nombreux points pourraient être supprimés, estime Alice Cardoso, comme “les enjeux géostratégiques des espaces maritimes”, ou encore “le continent américain : entre tensions et intégrations régionales”.

Alice Cardoso regrette enfin que “le programme de TS ne laisse actuellement pas le temps aux professeurs d’histoire-géo de prendre du recul avec leurs élèves, en faisant par exemple le lien entre des événements actuels et des périodes étudiées en cours”.

Pour une « remise à plat » de la réforme du lycée (SNES-FSU)

A terme, Claire Guéville espère “qu’une solution sera trouvée” par l’Education Nationale pour que “l’histoire en terminale (S, mais aussi ES et L) soit enseignée d’une autre façon – loin du bachotage permanent, mais centrée davantage sur une approche critique des sujets”.

Alors que le gouvernement “ne veut pas toucher à la réforme Chatel, et prévoit de réaliser de simples ajustements”, le SNES-FSU demande “sa totale remise à plat”. Afin de “revoir les programmes, mais aussi les horaires hebdomadaires d’enseignement, que ce soit en histoire-géo ou dans d’autres disciplines”, conclut Claire Guéville.

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