La mairie et l’école d’un village corse ravagées par un incendie criminel

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La mairie et l’école primaire du village de montagne de Tavera (Corse-du-Sud) ont été dévastées par un incendie criminel qui n’a pas fait de victime, dans la nuit de jeudi à vendredi, ont indiqué les autorités.

L’incendie, qui a éclaté au petit matin, a provoqué des dégâts considérables, a constaté un journaliste de l’AFP.

Une grande partie de la toiture en tuiles et l’intérieur de la mairie et de l’école abritées dans le même édifice ancien à un étage au centre du village se sont effondrés.

Cette maison de pierres crépie à la façade ocre abrite également le bureau de poste de ce village de 300 habitants.

Les salles de classe, qui reçoivent habituellement 44 élèves, sont inutilisables. L’école a été fermée vendredi.

Les élèves seront répartis dans des établissements des communes voisines, en liaison avec l’inspection d’académie durant les prochaines semaines en raison des dégâts, a indiqué le préfet de Corse, Christophe Mirmand, dans un communiqué.

A une centaine de mètres de la mairie, un graffiti mettant en cause le maire, Francis Raffalli, a été tracé à la peinture blanche sur la route qui traverse le village, a constaté l’AFP. « Maire, voleur magouille, escrot (sic) », pouvait-on lire.

Un habitant de Tavera, village de moyenne montagne à 35 km au nord d’Ajaccio, a raconté à l’AFP que le feu s’était déclaré vers 05H00.

« Il a vite gagné en intensité et, très rapidement, les flammes se sont élevées dans ciel. La toiture de tuiles s’est effondrée sur la mairie », a expliqué ce témoin résidant près de la mairie et qui a requis l’anonymat.

Les habitations voisines n’ont pas été directement menacées. D’importants effectifs de pompiers venus des villages voisins de Bocognano et Vero, ainsi que d’Ajaccio, ont rapidement été déployés sur place et le feu a pu être maîtrisé en début de matinée.

L’incendie n’a pas été revendiqué et l’enquête a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie. Le procureur de la République à Ajaccio, Eric Bouillard, s’est rapidement rendu sur place.

Pour les enquêteurs, qui ont souligné la rapidité et la violence de l’incendie, l’origine criminelle ne fait aucune doute.

Le conseil municipal de Tavera dirigé par M. Raffalli (DVG) est composé d’élus de gauche et de nationalistes. Le maire n’était pas joignable vendredi matin.

Le député Les Républicains de Corse-du-Sud, Laurent Marcangeli, a apporté son « soutien » à M. Raffalli et au conseil municipal de Tavera, ainsi qu’aux personnels communaux et aux villageois.

« La piste criminelle semble se préciser et il s’agit d’un acte intolérable sur le territoire du grand Ajaccio. Une réelle prise de conscience citoyenne s’impose », a déclaré M. Marcangeli dans un communiqué.

Le député, qui est aussi maire d’Ajaccio, a ajouté que « la destruction de la +casa cumuna+ (ndlr maison commune) porte atteinte au premier symbole de la démocratie ».

« J’espère, a-t-il ajouté, que l’enquête permettra d’identifier rapidement les auteurs de cet acte inqualifiable qui porte atteinte aux institutions qui fondent notre République ».

Soulignant que « l’incendie (…) serait volontaire », le préfet Mirmand a condamné « avec la plus grande fermeté cet acte contre la maison commune de Tavera qui a amené à suspendre plusieurs services publics essentiels ».

Il a exprimé le soutien de l’Etat au maire et à la population et assuré qu’il « serait aux côtés de la commune pour reconstruire le bâtiment partiellement détruit ».

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