L’orthographe réformée en 1990 systématisée dans des manuels de primaire

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Officiellement, on peut écrire nénufar ou ognon depuis une réforme de l’orthographe, facultative, adoptée en 1990 par l’Académie française. Méconnue jusque-là, cette simplification sera systématisée dans de nouveaux manuels scolaires du primaire, a-t-on appris jeudi auprès de l’éditeur Belin.

« Depuis au moins une dizaine d’années des manuels scolaires du primaire intégraient déjà cette nouvelle orthographe », explique Sylvie Marcé, PDG de l’éditeur scolaire Belin. « Ce qui est nouveau, c’est une référence plus explicite » à cette orthographe réformée dans les nouveaux programmes officiels, qui entreront en vigueur à la rentrée, ajoute-t-elle.

Elle évoque donc une systématisation de l’emploi de l’orthographe réformée pour ses manuels de primaire. Pas pour le collège en revanche, car les livres de français reproduisent beaucoup d’extraits littéraires qu’il n’est pas question de modifier. Mais ces manuels pourront expliquer par exemple, pour le mot « maîtrise », que l’orthographe réformée autorise à l’écrire sans accent circonflexe. Car dans la réforme cet accent disparaît sur les lettres i et u, sauf pour cinq exceptions qui pourraient prêter à confusion (comme « sur » et « sûr »).

Cette pratique était déjà en vigueur chez Hatier, a indiqué une porte-parole de cet éditeur.

Concrètement, Belin a apposé dans ses nouveaux manuels « un macaron pour dire cet ouvrage est rédige avec l’orthographe recommandée, et a indiqué le site sur lequel on peut trouver le récapitulatif, www.orthographe-recomandee.info », précise Mme Marcé.

La réforme de l’orthographe « est en vigueur depuis 1990 », souligne de son côté le ministère de l’Education nationale. « Le Conseil supérieur de la langue française a adopté en 1990 les nouvelles règles », qui ont été « approuvées par l’Académie française et publiées au Journal officiel. « Ce n’est pas le ministère de l’Education qui fait l’orthographe en France. »

« Les anciens programmes faisaient référence à cette règle orthographique et il va de soi que les nouveaux programmes y font aussi référence, parce que c’est la loi », ajoute-t-on.

« C’est l’orthographe officielle de la République depuis plus de 25 ans. Ce qui est surprenant ce que l’on s’en surprenne », indique Michel Lussault, président du Conseil supérieur des programmes (CSP).

« L’Académie française a fait un travail très précis », estime-t-il. « Il y avait des anomalies orthographiques liées à des évolutions historiques un peu étranges, donc l’Académie avait vraiment veillé à ce que ces modifications soient compréhensibles, ce n’était absolument pas un bouleversement, plutôt du toilettage. »

Une tolérance « permet aux enseignants comme d’ailleurs à tous les fonctionnaires, d’utiliser les deux orthographes, c’est-à-dire avant révision ou après révision », souligne-t-il.

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