Ecoles à Marseille : « On a l’impression d’être dans un pays en développement »

Rien ne va plus dans les écoles des quartiers Nord de Marseille. Najat Vallaud-Belkacem juge que leur état de délabrement n'est pas "digne de la République".

Gymnase délabré

Gymnase délabré © tobago77- Fotolia.com

« Les conditions et la souffrance dans laquelle vivent au quotidien ces élèves, ces enseignants et personnels ne sont pas dignes de la République », déclarait mercredi 3 janvier Najat Vallaud-Belkacem dans un entretien à La Provence.

C’est suite à la lettre d’une enseignante  signée C.Magri, Enseignante, Marseille Nord, publiée sur internet -adressée à la ministre- que parents et enseignants ont multiplié les prises de parole pour dénoncer l’état de délabrement et d’insalubrité inadmissibles des écoles des quartiers Nord de Marseille. Un collectif de parents, MPE13, Mouvement départemental des parents du 13, s’est d’ailleurs monté.

« Manque d’hygiène »

Dans un communiqué publié le 2 février, où le collectif salue le courage de Charlotte Magri, MPE13 décrit cette situation catastrophique : « Depuis des années, nous dénonçons l’état de nombreuses écoles primaires publiques à Marseille, le manque d’hygiène faute de papier ou de savon en quantité suffisante, les peintures qui s’effritent, les toilettes hors-service, le manque de personnel d’encadrement, les accidents répétés, les toits qui fuient chaque hiver, les câbles électriques « provisoires » qui persistent des mois, les problèmes de chauffage et maintenant, même l’amiante. »

Dans sa lettre, Charlotte Magri décrit l’établissement dans lequel elle enseigne, invitant la ministre à venir y passer une journée. Elle découvrirait ainsi « la grosse pierre qui ferme la porte d’entrée de l’école », « notre classe à la douillette température de 13 degrés ». « Dans les escaliers, nous serions également là toutes les deux pour retenir l’une des grosses planches pointues qui menacent de choir sur les enfants » poursuit-elle encore.

Enfin, l’enseignante indique à la ministre qu’à un moment, il faudrait bien « faire la queue devant l’unique toilette pour adulte de l’école, et [que ce serait] très amusant puisqu’il n’y a pas de lumière à l’intérieur. »

« Mon fils, en CE2, rentre de l’école, il pue »

Du côté de l’école Jean-Perrin, une des mères, Aïcha Moulay, juge qu’ « on a l’impression d’être dans un pays en développement ».

A l’école Saint-Louis-Consolat, ce n’est pas mieux. Ali Saïd Hassan, parent d’élève, dénonce le fait que « la ventilation est totalement insuffisante, ce dont témoigne l’odeur de renfermé ». « Mon fils, en CE2, rentre de l’école, il pue » tempête-t-il.

En décembre dernier, dans cette même école, les parents dénonçaient « la moisissure sous le plancher qui déga[geait]une odeur nauséabonde insupportable. » Ils avaient carrément organisé un blocus devant l’établissement, afin d’obtenir sa démolition.

La directrice de l’école Ruffi, Fanny Apothéloz, témoigne elle dans Libération : « là, vous avez la salle de sport dans la cave avec, à côté, le bureau de la psychologue scolaire. Là, c’est la cour de récréation. Oui, elle est minuscule »…

Etat d’urgence des écoles marseillaises

Dans La Marseillaise hier, un article titré « A Marseille, le triste tableau d’une école bas de gamme » relayait l’action du groupe scolaire de la Castellane. Suite à la pulication de la lettre de Charlotte Magri, ce groupe a en effet décidé de lancer « un appel en forme de pétition pour décréter l’état d’urgence des écoles marseillaises. »

La vétusté et l’insalubrité des écoles de Marseille sont intolérables, et « Cette situation ne peut perdurer plus longtemps » déclarait Najat Vallaud-Belkacem dans son entretien à La Provence.

A noter, la situation inadmissible d’une autre école, située en Seine-Saint-Denis cette fois : L’Express indique que des élèves de maternelle du groupe scolaire Langevin-Bleuets à Noisy-le-sec sont couverts de cloques rouges. En cause, les rats qui seraient présents dans l’établissement

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