Maintien des classes bilangues à Paris: une « connivence sociale » entre « décideurs » (Bayrou, MoDem)

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Le président du MoDem François Bayrou a dénoncé dimanche la réforme du collège comme une « offense » au monde de l’Education, et reproche au gouvernement, par « connivence sociale », d’avoir « préservé » à Paris des classes bilangues « supprimées massivement en province ».

« On a choisi une politique qui est une offense à ce que le monde de l’Education a de plus précieux. Ce qu’on est en train de faire avec la réforme des collèges, c’est une atteinte absolument sans précédent à, au fond, un idéal qui nous faisait vivre tous ensemble », a déclaré M. Bayrou à France 3.

A propos des classes bilangues, a poursuivi l’ancien ministre de l’Education nationale (1993-1997), « nul n’aurait imaginé ce qui a été décidé: qu’on allait les préserver à 100% à Paris, parce que c’est le milieu où ces décideurs vivent, au fond c’est une connivence sociale (…) et on le supprime en province massivement ». « Jamais dans l’Education nationale ça n’avait été imaginé ».

Le maire de Pau a dénoncé le fait, « pour un gouvernement soi-disant de gauche », de « porter une atteinte aussi profonde à l’égalité des chances en se moquant éperdument de ce que le pacte républicain apporte », « et une atteinte aussi profonde à la culture » car « les humanités classiques sont éradiquées ».

La réforme du collège prévoit une autonomie accrue des établissements, de l’interdisciplinarité et la deuxième langue étrangère dès la cinquième à partir de septembre. Elle comprend aussi la disparition des options latin/grec et d’une partie des classes bilangues.

Concernant ces dernières (deux langues vivantes dès la sixième, actuellement 16% des élèves), subsisteront celles que Najat Vallaud-Belkacem appelle « de continuité », permettant de poursuivre une langue autre que l’anglais entamée en primaire, notamment l’allemand. S’arrêteront en revanche les bilangues que la ministre considère « de contournement » de la carte scolaire. Selon elle, 70% des classes bilangues seront maintenues, une proportion qui varie suivant les académies.

« Sur tout le territoire, un effort a été produit et continuera à être produit, par les recteurs et les rectrices d’académie pour développer la diversité linguistique dès le primaire et donc développer les dispositifs bilangues de continuité au collège », a réagi la ministre de l’Education dans un communiqué.

« Si l’effort est important dans l’académie de Paris (+102 écoles proposant l’apprentissage d’une autre langue que l’anglais à la rentrée 2016), il l’est encore davantage dans l’académie d’Amiens par exemple (+201 écoles). Et dans l’académie de Strasbourg, 936 écoles proposent un enseignement de l’allemand », a-t-elle ajouté.

Mme Vallaud-Belkacem juge ainsi que « les nouvelles cartes académiques des langues contribuent au contraire à rétablir une égalité entre académies pour donner à tous les élèves les mêmes chances de réussite », tout en fustigeant « l’immobilisme et l’absence de politique éducative » dont a fait preuve selon elle François Bayrou lorsqu’il était ministre.

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