Trafic d’inscriptions: 18 mois ferme requis contre l’ex-président de l’université de Toulon

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Trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis ont été requis jeudi contre Laroussi Oueslati, l’ancien président de l’université de Toulon jugé pour corruption, détournement de fonds publics et faux pour avoir pris part à un trafic d’inscriptions d’étudiants chinois.

Le procureur Ludovic Leclerc a également réclamé devant le tribunal correctionnel de Marseille une amende de 20.000 euros et une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant cinq ans.

Le jugement sera rendu le 24 février.

« Ce dossier est particulièrement grave », a-t-il estimé: « On est sur le devoir d’exemplarité d’une personne chargée de service public, sur de l’argent public et une atteinte a été portée à l’université et à la valeur des diplômes ».

M. Oueslati se voit notamment reprocher d’avoir pris part à un trafic d’inscriptions massives d’étudiants chinois à la rentrée universitaire 2008/2009. « L’université est un symbole dans tous les pays, un lieu de savoirs, de lumière, de passerelle entre les cultures et le civilisations », a poursuivi M. Leclerc, dénonçant de « très nombreux dysfonctionnements (…) montrant que Laroussi Oueslati n’était pas l’homme de la situation ».

Une peine de six mois de prison avec sursis et une amende de 2.000 euros ont été requis contre Huimin Ren, ancienne chargée de mission auprès du président de l’université pour avoir bénéficié d’un contrat d’attachée temporaire d’enseignement et de recherche, sans en remplir les conditions et sans effectuer la contrepartie des heures d’enseignement de chinois prévues par ce contrat, a expliqué le procureur.

Il a en revanche abandonné les poursuites pour corruption active, Mme Ren ayant été soupçonnée d’être l’un des intermédiaires d’une filière chinoise mise en place pour monnayer les inscriptions des étudiants asiatiques.

Des condamnations allant d’un an de prison avec sursis à 18 mois ferme ont été requises contre quatre autres acteurs chinois de la corruption et un mandat d’arrêt a été demandé contre deux d’entre eux, repartis en Chine au moment où l’affaire avait éclaté en 2009.

« Nous ne sommes pas dans la maladresse, l’imprudence, nous avons des éléments extrêmement nombreux et convergents qui démontrent la culpabilité des prévenus et du principal protagoniste », a assuré M. Leclerc. Mercredi, Laroussi Oueslati avait « assumé des erreurs administratives ».

Le procureur a demandé au tribunal de ne prêter aucun crédit aux propos de l’ancien président qui, tout au long de l’audience, a suggéré être victime d’un règlement de comptes politiques.

Les avocats de l’ancien président de l’université ont plaidé sa relaxe estimant que la démonstration d’un pacte corruptif n’était pas établie. « Qui a donné quoi à qui, quand et pour quoi faire? Ces questions-là, on ne les a pas résolues » a indiqué Me Arnaud Lucien selon lequel « le faisceau d’indices de l’accusation est un peu flottant ».

Me Lionel Moroni a conclu sa plaidoirie sur « la force et la résilience » de Laroussi Oueslati, arrivé de Tunisie à 10 ans sans parler français et devenu plus jeune docteur en sciences de France à l’âge de 28 ans. « Croyez-vous, avec un tel parcours, que lorsqu’on devient président de l’université en mars on mette en place un système corruptif en avril? » a plaidé Me Moroni suggérant un complot politique. »Il était arabe et socialiste dans une municipalité de droite, a souligné l’avocat. »

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