Dieppe se bat pour son institut de formation unique en France destiné aux jeunes d’Outremer

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Un institut de formation unique en France, principalement destiné aux jeunes d’Outremer, est menacé de fermeture à Dieppe (Seine-Maritime), alors que le président François Hollande vient de lancer un plan sur la formation et l’emploi.

L’Institut de formation aux carrières administratives, sanitaires et sociales (IFCASS) prend en charge quelque 350 élèves post-baccalauréat venus des DOM-TOM. Logés en internat, nourris, les élèves bénéficient de tutorat et d’accompagnement. Le taux de réussite aux diverses formations dépasse les 80%.

« C’est un internat d’excellence pour des jeunes de familles modestes, c’est une réussite républicaine, une réussite à la française qui est menacée », s’insurge Sébastien Jumel, le maire communiste de Dieppe.

L’institut, qui emploie 45 personnes, est quasiment aussi ancien que la Ve République. Ce fut d’abord, en 1959, à Nantes un « Centre d’Éducation des Monitrices de la Jeunesse d’Algérie » qui fut ensuite spécialisé pour la jeunesse des DOM-TOM et transféré dans une ancienne caserne militaire sur les hauteurs de Dieppe, en 1975.

Constitué en Groupement d’intérêt public (GIP), un statut permettant à des partenaires publics et privés de mettre en commun des moyens pour la mise en oeuvre de missions d’intérêt général, l’établissement est en difficulté depuis cinq ans.

Il a été fragilisé par le retrait du GIP du ministère des Affaires sociales en 2011. Restant le ministère de tutelle, il a supprimé sa subvention de 1,6 million d’euros, soit la moitié du budget de l’institut.

Depuis l’IFCASS a dû puiser dans ses réserves. « Nous n’avons plus que trois mois de trésorerie », indique à l’AFP Anne Letinturier, représentante du personnel au conseil d’administration, et responsable informatique de l’institut.

Le temps presse car le fonctionnement courant n’est assuré, selon Mme Letinturier, que jusqu’à la fin février. L’impasse budgétaire est de 1,1 million.

« Mais il n’en coûtera que 200.000 euros à l’État s’il met à disposition à titre gratuit ses 15 fonctionnaires (dix des Affaires sociales, et cinq de l’Éducation nationale, ndlr) qu’il devra de toute façon continuer à payer », souligne M. Jumel qui doit être reçu vendredi à Matignon à la tête d’une délégation.

« La solution est politique, vis à vis de la formation et de l’emploi des jeunes issus des classes défavorisées. Combien coûte le financement de classes préparatoires dans les beaux quartiers parisiens? », interroge M. Jumel qui a aussi envoyé une lettre au président de la République François Hollande concernant la situation de l’IFCASS.

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