Un Chinois sort de rétention, soulagement des parents d’élèves qui occupaient l’école de sa fillette

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Un Chinois en situation irrégulière a été libéré mercredi d’un centre de rétention, au grand soulagement de dizaines de parents d’élèves qui, pour empêcher son expulsion, occupaient l’école maternelle parisienne où est scolarisée sa fille, a constaté un journaliste de l’AFP.

A l’arrivée à la mi-journée de Peng Gao à l’école Pajol, dans le 18e arrondissement, sa femme Ting Ting, les larmes aux yeux, s’est blottie contre lui, la petite Wanyu, 5 ans, s’est accrochée à ses jambes, les parents d’élèves ont applaudi.

« C’est émouvant. On se projette quand on est parent », a remarqué Marie Nguyen, professeure de yoga, dont les deux enfants sont scolarisés à Pajol.

Arrivé il y a plus de quatre ans en France, où il a demandé en vain l’asile, Peng Gao, 39 ans, a été arrêté le 22 décembre lors d’un contrôle dans une blanchisserie parisienne, avant d’être placé au centre de rétention de Vincennes, a-t-on indiqué de source policière.

Avertis dès la rentrée de janvier, les parents d’élèves ont progressivement intensifié leur mobilisation, jusqu’à occuper depuis vendredi midi l’établissement scolaire.

Ces cinq derniers jours, « une cinquantaine de parents se sont relayés dans l’école. Il y a des familles qui ont dormi ici », a raconté Benoît Lochon, un architecte de 42 ans, père de deux enfants scolarisés à Pajol.

« C’est une école très multiculturelle, où 17 langues différentes sont parlées à la maison et 80% des parents n’ont pas le français comme langue maternelle », a-t-il observé.

Les parents d’élèves ont également manifesté à la mairie du 18e arrondissement, avant de « bloquer », selon eux, un carrefour de la capitale mercredi matin.

Quelques heures plus tard, M. Gao était libéré « sur instruction du préfet de police », « pour des raisons humanitaires », a précisé la source policière.

« On se demande tout à coup pourquoi les raisons humanitaires deviennent valables » 27 jours après, a commenté Yves Coleman, du Réseau éducation sans frontières (RESF), pour qui les « gestes humanitaires » se font « en fonction des pressions qu’exercent l’opinion, les médias, les politiques ».

A présent réunis, Peng et Ting Ting Gao ont simplement dit « merci à tous les parents de (les) avoir aidés comme ça ». « J’ai toujours travaillé, nous voulons rester en France », a ajouté le mari.

Prochaine étape, la « régularisation » de M. Gao, pour laquelle plusieurs parents d’élèves de l’école Pujol affirment vouloir se battre.

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