Décrochage scolaire: des aides nécessaires mais trop éclatées (Cour des comptes)

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L’aide aux décrocheurs, ces jeunes ayant quitté le système scolaire sans qualification, est justifiée mais éclatée entre trop d’acteurs et de dispositifs, estime mercredi dans un rapport la Cour des comptes, qui prône une réorganisation.

Environ 100.000 jeunes, selon la Cour, sortent chaque année du système éducatif sans qualification, un nombre qui recule. Toutefois, l’absence de qualification reste « un déterminant majeur des difficultés d’accès au marché du travail », avec un taux de chômage de ces jeunes proche de 50%, relève le rapport.

Ce phénomène, aggravé, par la crise de 2008, « justifie la poursuite de politiques actives en faveur des jeunes sans qualification ».

Mais, « en l’absence d’une gouvernance unifiée, la fragmentation des opérateurs, conjuguée à un éclatement des financements, conduit au maintien d’un cumul de dispositifs qui ne paraît ni efficace, ni soutenable pour les finances publiques », juge la Cour. Elle estime à 1,9 milliard d’euros le coût annuel de ces politiques menées par l’État, les régions, les partenaires sociaux et Pôle emploi.

Il faudrait clarifier « les rôles de la formation scolaire, de l’alternance, de la formation continue, de l’aide à l’entrée sur le marché du travail et du soutien direct au premier emploi par le biais des emplois aidés », selon les sages de la rue Cambon.

La situation nécessite « une refonte de la politique de retour en formation et d’insertion des jeunes », qui « permette de faire converger l’action de l’État, des régions et des partenaires sociaux autour d’objectifs partagés, tant sur le plan du pilotage qu’au niveau opérationnel ».

Le rapport préconise notamment de « réorganiser les dispositifs d’insertion des jeunes » en quatre ensembles.

Pour les jeunes les plus proches du marché du travail, la Cour recommande « un dispositif d’accompagnement léger ». Pour ceux qui nécessitent « un accompagnement plus intense », elle propose « un dispositif inspiré de la garantie jeunes », avec « une allocation pour les seuls jeunes en situation de précarité ».

Expérimentée depuis septembre 2013 dans des territoires pilotes, la garantie jeunes offre aux 18-25 ans sans emploi ni formation un accompagnement renforcé vers l’emploi, des périodes en entreprise et une allocation mensuelle de 450 euros, pendant un an, pouvant aller jusqu’à 18 mois.

Le troisième dispositif préconisé par le rapport vise les « décrocheurs les plus jeunes n’ayant pas vocation à réintégrer le système scolaire » et devrait être géré par les régions. Enfin, « les jeunes les plus en difficulté » devraient se voir proposer des « dispositifs de la deuxième chance ».

Autre préconisation, une harmonisation des barèmes des allocations liées à l’insertion ou la formation professionnelle, « afin d’éviter que les jeunes n’arbitrent entre les dispositifs en fonction de considérations financières ».

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