Béziers: Ménard accusé d’instrumentaliser Jean Moulin

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Une trentaine de professeurs d’histoire de Béziers accusent Robert Ménard, le maire de la ville proche du Front National, de vouloir instrumentaliser la mémoire de Jean Moulin, l’enfant du pays devenu héros de la résistance.

« Monsieur le Maire…les citoyens que nous sommes, professeurs d’histoire-géographie du lycée de votre ville qui porte cet illustre nom, font le voeu, à l’orée de cette année 2016, que vous cessiez de +torturer+ la mémoire de Jean Moulin et que vous laissiez ses mânes reposer définitivement en paix », écrivent dans une lettre transmise ce week-end à la presse, ces professeurs, dont une quinzaine enseignent au lycée professionnel Jean Moulin de Béziers.

Dénonçant une logique d' »instrumentalisation » et de « retricotage de l’Histoire », ils citent notamment un tweet de M. Ménard avant le second tour des régionales en décembre: « Dimanche, au nom de Jean Moulin, au nom de la République, nous ferons barrage à la gauche ».

« Jean Moulin – dont le père (Antoine) était professeur d’histoire à Béziers – avait fait le choix lucide et courageux de ne pas se soumettre à une idéologie reposant sur l’exclusion, la division et la fascination malsaine pour un passé idéalisé », rappellent les signataires.

M. Ménard a dénoncé une lettre de « militants de gauche » qui « font de la politique ».

Jean Moulin « n’appartient à personne », rétorque également la Mairie proche du FN dans la dernière publication de sa publication municipale, datée de vendredi. En une, on peut voir le résistant, lisant le « Journal de Béziers », sous le titre « Nous, on ne l’oublie pas! »

Le numéro est notamment consacré à la rénovation de son appartement natal, situé au 6 rue d’Alsace. L’opposition accuse M. Ménard d’avoir « vendu » cette maison en optant pour un partenariat public-privé qui ne laissera à la ville que deux espaces dans l’immeuble de cinq niveaux.

La rénovation controversée prévoit au rez-de-chaussée un espace consacré à la jeunesse de Jean Moulin à Béziers, où il est né le 20 juin 1898 et qu’il a quittée en 1917 pour aller faire des études de droit à Montpellier.

Dans l’appartement familial, un espace d’exposition sera aménagé avec notamment des croquis de celui qui fut aussi caricaturiste et illustrateur de talent.

Le conseiller municipal PS Jean-Michel du Plaa regrette notamment que « l’Etat, le département et la région » n’aient pas été invités à participer au projet « avec le concours d’historiens », alors que les travaux doivent commencer à l’automne 2016.

Arrêté à Caluire (Rhône) le 21 juin 1943, celui qui fut « Rex » puis « Max » dans la clandestinité, est mort après avoir été atrocement torturé à Lyon.

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