L’enseignant juif agressé à Marseille évoque une situation « très dure à vivre »

logo AFP

L’enseignant juif attaqué à la machette lundi à Marseille s’est dit mardi « très fatigué » face à une situation « très dure à vivre », à la sortie d’une audition destinée à reconnaître son agresseur au commissariat central de Marseille.

« Je me sens très fatigué, c’est une situation très difficile, c’est quelque chose qu’on ne peut pas imaginer, c’est très dur à vivre », a déclaré à la presse Benjamin Amsellem, 35 ans.

Boîtant et portant une casquette sur la tête, l’enseignant visiblement encore très ému n’a prononcé que ces quelques mots avant de s’engouffrer dans une voiture avec sa famille.

« On a voulu le tuer parce qu’il est juif, c’est dur, ça fait peur », a commenté de son côté l’épouse de l’enseignant, Mazal, interrogée alors qu’elle attendait sa sortie de l’Hôtel de police. « Aujourd’hui, il a mis sa casquette, et il encourage la communauté à faire comme lui, non pas parce qu’il a peur ou honte d’être juif, bien au contraire, mais pour sa sécurité », a-t-elle déclaré: « Peut-être qu’hier s’il avait mis sa casquette, il aurait pu échapper à cette agression. »

« Sa préoccupation, d’abord c’est d’affronter le monde extérieur, après d’affronter le monde extérieur avec une kippa sur la tête, c’est un processus intellectuel de deuxième ordre », a estimé son avocat Fabrice Labi.

« Il n’y a pas de mots qui ont été échangés » au cours de l’agression, qui a eu lieu alors que le professeur se rendait dans son établissement, a poursuivi son conseil. « Il y a simplement des regards, et les regards en disent long parce que c’est un regard froid, déterminé », a-t-il ajouté, évoquant de la part de l’agresseur la « volonté d’aller jusqu’au bout de l’acte, c’est-à-dire de donner la mort ». Me Labi avait auparavant déclaré à l’AFP que son client lui avait confié avoir eu « le sentiment » que son agresseur voulait le « décapiter ».

« Je lui disais d’arrêter de me frapper mais il continuait et je ne pensais pas m’en sortir vivant », avait aussi déclaré l’enseignant, âgé de 35 ans, à La Provence.

« Aujourd’hui, il sait que c’est un acte terroriste, il sait que c’est de par sa confession qu’il a été agressé, c’est d’autant plus difficile pour lui de comprendre », a encore déclaré Me Labi, évoquant la « nécessité de comprendre » de son client: « Il attend des réponses de son agresseur. »

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. ©2014 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Recherche dans les archives

Vous