Rencontre avec l’équipe du film Mon maître d’école

Mon Maître d’école est un documentaire qui suit la dernière année scolaire de l’enseignant Jean-Michel Burel. Rencontre avec l’équipe de ce film qui sort en salles le 13 janvier.

541657À Saint Just-et-Vacquières, l’instituteur, pendant 40 ans, c’était Jean-Michel Burel. La réalisatrice Émilie Thérond,  qui fut son élève durant 6 ans, a décidé de lui rendre hommage en filmant sa dernière année scolaire avant la retraite. Ce beau projet a pris une ampleur inattendue lorsqu’une personnalité, l’humoriste et comédien François-Xavier Demaisona décidé de s’y associer.

François-Xavier Demaison

François-Xavier Demaison

François-Xavier Demaison, comment en êtes-vous arrivé à produire un documentaire sur un enseignant ?

FX.D. : Un coup de cœur, pour quelques images montrées par Emilie Thérond au cours d’un dîner, les images de son instituteur, quand elle vivait dans un petit village. Elle l’a connu pendant 6 ans de suite, car c’était une classe unique qui allait de la maternelle au CM2. Cette personnalité attachante, ce charisme, cet hommage à l’instituteur qu’elle a aimé et en parallèle à tous les enseignants, tout cela a fait que j’ai eu très envie d’aider ce projet.

Quel genre d’élève étiez-vous ?

FX.D. : Cela dépend des années ! (rires) Quand je m’entendais bien avec ma maîtresse, j’étais très bon élève. Et lorsque ça se passait mal ou que j’avais peur d’elle, je n’étais pas bon élève. À l’école primaire, ma scolarité dépendait beaucoup de mon enseignant.

Y a-t-il des enseignants qui vous ont marqué ?

FX.D. : Indéniablement. Il y a des enseignants que j’ai adoré, et un professeur de français m’a profondément marqué puisqu’il m’a fait découvrir le théâtre. Cela a été pour moi une véritable révélation.

Quel regard portez-vous sur le métier d’enseignant ?

FX.D. : Un regard plein de respect et d’estime. Sincèrement,  j’admire beaucoup les enseignants et la passion qu’ils mettent dans leur métier. L’exemple de Monsieur Burel est un bel exemple, certes dans un contexte particulier, d’un enseignant qui transmet la tolérance au même titre que l’orthographe et la géographie.

Trouvez-vous que l’enseignement a changé depuis votre scolarité ?

FX.D. : Je ne sais pas. En tout cas, avec Mon Maître d’école, il n’y a aucune volonté de nostalgie. Nous montrons des choses qui existent, à travers les yeux d’Emilie, qui retrouve son maître d’école avec amour et passion. Ce sont de belles valeurs, qui font du bien en ce moment. Elle est redevenue petite fille le temps du tournage, et c’est ce regard qui fait toute l’originalité de ce film.

 

Jean-Michel Burel © Walt Disney Company France

Jean-Michel Burel © Walt Disney Company France

Jean-Michel Burel, comment avez-vous accueilli ce projet de film initialement ?

JM.B : Au départ, je l’ai accueilli avec beaucoup de réserves. Je ne suis pas quelqu’un qui aime spécialement se montrer. Emilie  était une élève dont je gardais un très bon souvenir, donc face à son insistance et pour lui être agréable, j’ai fini par accepter.

Cela a été une bonne expérience pour vous ?

JM.B : Très bonne, je ne regrette absolument rien.

Quel regard portez-vous sur votre métier d’enseignant ?

JM.B : Le métier d’enseignant est un métier exigeant, pénible, mais aussi passionnant et qui apporte beaucoup de récompenses. Personnellement, je l’ai exercé avec énormément de passion pendant 40 ans.

Des moments vous ont-ils marqué durant votre carrière ?

JM.B : Vous savez, tout s’est toujours passé dans une certaine continuité. Certes des choses m’ont marqué. Emilie par exemple a failli s’étouffer avec un bonbon en classe. C’est l’un des événements qui m’a le plus marqué, car j’étais jeune enseignant et dans la panique. A l’époque, les enseignants n’avaient pas de brevets de secouristes. Elle était en situation de détresse vitale, et  face à ce genre d’événements, on ne sait donc pas comment réagir. Depuis j’ai passé le brevet de secouriste !

Emilie Thérond © Coadic Guirec / Bestimage

Emilie Thérond © Coadic Guirec / Bestimage

Emilie Thérond, monsieur Burel vous a sauvé la vie, donc en échange vous avez fait un film sur lui ?

E.T : Ce n’est pas comme ça que je l’ai vécu, mais si on résume bien la situation, oui (rires). Il m’a sauvé la vie, donc je décide de lui rendre hommage.

D’où est venue l’idée de réaliser ce documentaire ?

E.T : C’est quand il m’a dit qu’il allait partir et entamer sa quarantième et dernière année d’enseignement. J’étais passé le voir par hasard, je ne l’avais pas vu depuis 10 ou 15 ans, et je voulais que mes filles le rencontre. Quand il m’a annoncé cela, j’ai vraiment eu envie de filmer sa dernière année, de capter ce qu’il nous avait apporté et de le transmettre.

Quel message souhaitez-vous faire passer au spectateur avec Mon maître d’école ?

E.T : Il y a plusieurs messages dans le film. D’abord c’est un film où l’on rit, où l’on est avec les enfants en classe. On pleure également, c’est un vrai film de cinéma même si tout est réel. C’est la découverte d’un lieu et d’un homme avec ses « petits », comme il les appelle.

Ensuite à travers l’hommage que je rends à Monsieur Burel, je rends hommage aux enseignants. Il était très important pour nous de ne pas faire un film avec des leçons de morale, du type « c’était mieux avant » ou « voilà comment il faut éduquer les enfants ». C’est un film sur l’enseignement et la transmission, et sur ce que cela laisse aux enfants. On souhaite montrer à quel point l’enseignement est important et permet aux enfants de devenir des adultes responsables, car la primaire ce n’est pas seulement l’apprentissage de la lecture ou du calcul : c’est aussi tolérer l’autre, s’accepter tel qu’on est, être altruiste, généreux. Ce sont des valeurs que les professeurs nous ont enseigné et qu’on essaye de transmettre à nos enfants. Par ailleurs, les enfants s’attachent à eux, il y a donc une relation d’amour et de générosité importante dans l’enseignement.

JM.B : En aucun cas c’est un film moralisateur ou donneur de leçons. Il montre une manière que j’ai de vivre l’enseignement dans un milieu rural et protégé, qui n’est pas applicable en ville, car il y a une liberté que l’on peut se permettre en zone rurale.

La classe a-t-elle été collaborative durant le tournage ?

JM.B : Absolument. Les élèves ont oublié la caméra 15 minutes après le début du tournage. L’équipe était discrète et s’est parfaitement fondue dans la classe. Emilie donnait souvent des coups de main et participait aux travaux quand il le fallait. Tout cela s’est fait naturellement. Vous savez, les enfants sont captivés par la caméra, mais ils oublient vite et reprennent leurs habitudes et leur travail de classe, et ensuite ils n’y pensent plus.

Quel conseil donneriez-vous à un enseignant qui débute ?

JM.B : J’aurais un conseil : aimer son travail, et s’y donner le plus possible en étant serein. Il ne faut pas être angoissé et se demander « Est-ce que l’on va finir le programme ? ». À mon avis, ce n’est pas cela qui est capital. Le plus important c’est d’établir une relation avec ses élèves et de les aider à aller vers le meilleur, chacun en fonction de ses aptitudes. Le principal conseil que je donnerais, c’est d’être passionné par ce métier.

Pour travailler en classe :
Un site pédagogique autour du film est également en ligne. Il comporte un dossier destiné aux élèves de Primaire (Cycle 3) sur les thèmes du vivre ensemble (tolérance, respect, fraternité) et la comparaison entre école rurale / école urbaine.

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