De l’école navale aux vols d’escort girls, la dérive de deux jeunes condamnés

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A priori bien sous tous rapports, suivant des études à l’école navale de Brest, ils ont basculé dans la délinquance en braquant des escort girls: deux hommes de 23 et 27 ans ont été condamnés vendredi à quatre ans de prison, dont une partie avec sursis.

Leurs peines étant aménageables, ils devraient éviter de retourner en prison. Ils ont déjà effectué 12 et 15 mois de détention provisoire.

Lors de l’audience, qui s’est tenue jeudi, le tribunal correctionnel de Paris a cherché à comprendre comment le duo en est arrivé à voler en 2014 argent, téléphones portables et ordinateurs à des « escort », principalement russes, sous la menace d’un couteau et d’une matraque télescopique.

« On s’est monté la tête », ont expliqué les deux hommes, prénommés Pierre et Mehdi.

« On était deux abrutis, c’est bien qu’on ait été arrêtés », a expliqué Pierre. Dans leur « délire », ils avaient même évoqué la possibilité d’utiliser un « calibre », une arme à feu pour commettre leurs méfaits. « On en serait peut-être arrivés là », a-t-il poursuivi, « c’est une bonne chose qu’on ait été en prison ».

Après avoir fait « maths sup maths spé », il a ambitionné de faire polytechnique ou HEC. Trop cher, ce sera l’école navale. Il s’y ennuie. Il y fera la connaissance de son acolyte.

« On s’est créé une réalité qui n’était propre qu’à nous-mêmes, avec des notions de bien et de mal qui étaient faussées », a répondu Mehdi au président qui cherchait à savoir comment l’on passe de « l’ordre militaire au désordre le plus grave qu’on puisse imaginer ». Leur seul moteur: « l’appât du gain ».

Dans les interceptions téléphoniques, ils évoquent un profit de 13.000 euros, leurs conversations mêlent exaltation de violence, sexe, et propos fort peu amène à l’égard de ces jeunes femmes. « Les écoutes étaient dégueulasses », a reconnu Pierre.

Ces jeunes gens qui n’ont ni le « profil » ni le « langage » auquel le tribunal est « habitué » se sont livrés à une activité qui leur paraît « tout à fait grisante », a relevé la magistrate du parquet, « une volonté de brûler la vie par les deux bouts en faisant ce que la société ne permet pas ». Ils ont même voulu « développer eux-même une activité de proxénète », qualification pénale qui n’a été retenue que contre Pierre, qui a brièvement loué deux appartements pour des escorts.

Ces « deux gamins qui veulent chercher à se faire du fric » se sont laissés aller une à « une sorte d’euphorie, de délire », a plaidé l’avocate de Mehdi.

« Petit con ! », a lancé en commençant sa plaidoirie l’avocat de Pierre, Me Thimothée Phélizon. Cela ne s’adressait évidemment pas au tribunal, c’est ce que ni ce dernier ni le parquet ne peuvent dire à son client en audience, mais le sentiment de l’avocat. « Facilité, excitation, fusion » entre les deux compères, a-t-il résumé.

Ils ont été condamnés à quatre ans de prison, dont un an avec sursis et mise à l’épreuve et 10.000 euros d’amende pour Pierre, dont 18 mois avec sursis et mise à l’épreuve et 7.000 euros d’amende pour Mehdi.

Ils ont tous deux quitté l’armée.

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