Derrière l’école de commerce, une filière d’immigration chinoise

logo AFP

Une filière d’immigration chinoise, qui utilisait comme façade une école de commerce parisienne, a été démantelée la semaine dernière en France et deux personnes ont été écrouées, a-t-on appris jeudi de sources policières.

Entre 500 et 1.000 ressortissants chinois, selon les estimations policières, ont réussi à obtenir des papiers d’identité afin de séjourner en France grâce à cette filière qui leur permettait d’obtenir un statut – provisoire – d’étudiant en France.

Fin 2014, la police a été alertée après une « très forte et constante » demande de visas, par des étudiants chinois, pour la même école de commerce privée installée dans le XVème arrondissement de Paris qui n’a pas pignon sur rue, ont indiqué les sources confirmant des informations de presse.

Saisi de l’enquête, l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi d’étrangers sans titres (Ocriest) a établi qu’elle était la façade et le coeur d’un trafic de faux papiers pour une filière d’immigration clandestine.

L’argent était blanchi par de présumés membres du milieu de la banlieue parisienne et dans un restaurant tenu par l’ex compagne du dirigeant de l’école de commerce, et leur fille, en Ardèche.

Les « étudiants » versaient une somme entre 3.000 et 5.000 euros de frais d’inscription fictifs et « au moins » un million d’euros, en l’état des investigations, a été blanchi « de manière classique ».

Une quinzaine de personnes ont été arrêtées la semaine dernière dans cette affaire, en région parisienne et en Ardèche, toujours selon la police.

Le directeur de l’école de commerce a été écroué ainsi qu’un présumé complice. Six autres ont été placés sous contrôle judiciaire, toujours selon les sources.

C’est une « enquête sur une filière classique » mais « qui demande beaucoup de temps » pour démêler les fils, a dit l’une des sources.

Les faux diplômes et fausses inscriptions de ressortissants chinois sont « assez courants », selon cette source.

En 2010, l’Université Paris-XIII avait porté plainte pour corruption dans une vaste affaire de fraude à l’inscription d’étudiants chinois. Un enseignant avait été mis en examen.

Dans cette nouvelle affaire, il y a des employés de l’école également mis en examen. Ce même établissement avait déjà fait l’objet d’une enquête similaire de l’Ocriest en 2012. Son directeur de l’époque, selon la police, avait été remplacé … par celui qui vient d’être écroué.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. ©2014 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Recherche dans les archives

Vous