Menace de tuerie dans un lycée: un jeune Strasbourgeois condamné pour un canular sur internet

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Un Strasbourgeois de 20 ans, qui avait suscité la panique en 2013 en menaçant sur internet de commettre une tuerie dans un lycée, a été condamné à 105 heures de travaux d’intérêt général (TIG), a-t-on appris lundi de source judiciaire et auprès de son avocate.

Du fait de ces menaces anonymes, qu’il avait postées sur un site de jeux vidéo, la justice et les autorités avaient déployé pendant plusieurs jours, à titre de précaution, un impressionnant dispositif policier devant les 59 lycées du Bas-Rhin.

Le jeune homme, qui avait 17 ans au moment des faits, a été condamné vendredi, à l’issue d’une audience à huis clos devant le tribunal pour enfants de Strasbourg, pour « communication ou divulgation de fausse information dans le but de faire croire que des homicides vont être commis ». Le tribunal l’a également contraint à une obligation de formation et de soins. S’il n’effectue pas dans les 18 mois ses TIG, il sera condamné à trois mois d’emprisonnement.

« Cette condamnation à des TIG, c’est une sanction pédagogique, proportionnelle à la gravité des faits », a dit à l’AFP l’avocate du jeune homme, Me Fabienne Herdly-Klopfenstein.

Le 14 mai 2013, l’adolescent avait mis en ligne un long message, signé « HommeMort ».

« J’habite dans une certaine ville, où se trouve un certain lycée, et vendredi, je laisse ma trace dans l’histoire. La vie de beaucoup de gens, dont la mienne, finira ce jour-là », avait-il menacé, en précisant vouloir se servir d’un fusil semi-automatique soi-disant « emprunté » à un oncle – une arme qui, en fait, n’existait pas.

Ce message avait été signalé par un jeune internaute des Yvelines. Les enquêteurs l’avaient alors identifié grâce à l’adresse IP, et avaient découvert qu’il avait été envoyé d’un cybercafé strasbourgeois, ce qui avait aussitôt déclenché l’alerte dans le Bas-Rhin.

« HommeMort » avait finalement été identifié huit semaines plus tard, grâce à la vidéosurveillance du cybercafé et au pull qu’il portait ce jour-là. Devant les enquêteurs, il avait reconnu les faits, tout en minimisant la portée: il avait évoqué un canular, assurant « qu’il n’y avait aucune volonté d’attenter à la vie de personne ». Il s’était également dit « surpris par l’ampleur » prise par cette affaire, à l’époque très médiatisée.

« Il y a des canulars qui ont un coût économique et financier et aussi un coût humain », avait à l’époque commenté le procureur Michel Senthille. Le coût pour la collectivité, calculé à partir du nombre d’heures travaillées par les policiers et les enquêteurs, « avoisine le million d’euros », avait-il calculé.

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