Deux députés proposent de supprimer la journée défense au profit des cadets

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Deux députés préconisent de remplacer la journée défense et citoyenneté, obligatoire pour tous les jeunes de 18 ans, par un « grand mouvement de cadets » afin de créer plus de lien avec la nation.

Il ne s’agit « pas de former de futurs militaires » mais de développer, sur la base du volontariat, « le goût de l’effort, de l’aventure collective et le sens du patriotisme », écrivent Marianne Dubois (Les Républicains) et Joaquim Pueyo (PS) dans un rapport sur le service national universel.

« Les armées doivent pouvoir proposer aux jeunes, en complément de l’éducation nationale, des activités, une instruction et une expérience de vie inédites plutôt que d’essayer de les récupérer à un âge où certains sont déjà sortis du système », ajoutent-ils.

La journée défense et citoyenneté comprend une présentation sur les enjeux de défense et les responsabilités du citoyen, une initiation aux premiers secours ainsi que des tests de français.

A travers un parcours de cadets, les jeunes de 12 à 18 ans pourraient découvrir l’armée en suivant des activités sportives, encadrées par des militaires, sur plusieurs demi-journées ainsi que pendant un camp d’été de « deux ou trois semaines ».

Ces propositions présentées mercredi font écho au débat initié après les attentats de janvier, notamment les appels à restaurer le service militaire. Pour les deux parlementaires, le rétablissement d’un service militaire, même court, ne serait pas « pertinent » car inadapté aux besoins d’une armée professionnelle et trop coûteux.

Ils encouragent à revanche à développer les programmes de cadets, qui porteraient l’uniforme, autour de trois cycles : initiation pour les 12-14 ans, apprentissage pour les 14-16 ans et perfectionnement pour les 16-18 ans.

Ces programmes seraient inspirés du modèle canadien, qui offre chaque année à quelque 50.000 jeunes des initiations à l’aéronautique (avec brevet de pilote), à l’environnement naval et aux techniques d’orientation (avec l’armée de terre).

« Pour que ce programme touche une part significative de la jeunesse française, il doit avoir pour ambition d’atteindre au moins 100.000 volontaires par an », estiment Mme Dubois et M. Pueyo.

Cela représente un coût annuel de 100 millions d’euros (soit 1.000 euros par cadet et par an), « hors de portée dans le contexte budgétaire actuel » sauf à supprimer la journée défense et citoyenneté (111 millions d’euros en 2014) pour financer ce programme, relèvent les deux parlementaires.

Ils estiment en effet « plus efficace d’affecter ces crédits à 100.000 jeunes pour plusieurs mois (..) qu’à 800.000 jeunes pour une seule journée ». « L’expérience en termes de brassage social et de cohésion nationale sera sans commune mesure », selon les deux rapporteurs.

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