Une campagne de soutien à des étudiants d’Irak pour préparer la « reconstruction » du pays

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L’Eglise de France a lancé jeudi une campagne de soutien aux étudiants de Kirkouk (nord de l’Irak), qui ont fui les zones occupées par le groupe Etat islamique (EI), afin de maintenir ces jeunes dans le pays et préparer sa « reconstruction ».

Cet appel aux dons, validé par les évêques français lors de leur dernière assemblée à Lourdes et qui sera relayé dans tous les diocèses, vise à récolter 1,140 million d’euros pour financer dix mois d’études (logement, nourriture, soins et équipement compris) pour près de 400 étudiants de Kirkouk.

« Dans un an, on verra où on en est. Mais il ne s’agit évidemment pas de dire à nos frères d’Irak +c’est fini+ », a assuré devant la presse le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, soulignant qu' »aider des jeunes à se former et à demeurer dans leur pays est essentiel ».

Les étudiants soutenus, des chrétiens, ont fui la région de Mossoul et la vallée de Ninive depuis août 2014 en raison de la progression de l’EI. Ils se sont d’abord réfugiés à Erbil, au Kurdistan irakien, où l’enseignement n’est assuré qu’en kurde, que ne parlent pas ces chaldéens ou syriaques catholiques.

Ces étudiants de langue arabe ont donc été transférés à la faculté de Kirkouk, ville sous sécurité kurde mais largement arabophone. Ils y sont environ 400, s’y préparant à être médecin, pharmacien, architecte ou ingénieur.

« La guerre ne continuera pas toujours. S’il y a des jeunes formés, ils pourront aider à reconstruire le pays », a fait valoir en conférence de presse Mgr Youssif Thomas Mirkis, archevêque chaldéen de Kirkouk et Souleymanieh.

« Nous avons déjà perdu les deux tiers des chrétiens d’Irak (qui ne sont plus que 300.000 à 400.000, ndlr) depuis 2003. En aidant les étudiants, on maintient une flamme vacillante », a-t-il ajouté.

« Si la démocratie ne peut venir de l’extérieur comme l’ont cru les Américains, la bonté, elle, le peut, tout en apportant de l’espérance », a-t-il encore plaidé.

« Nous espérons que cette action puisse aussi mobiliser les étudiants de France », a dit pour sa part Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’Oeuvre d’Orient, l’un des mouvements d’Eglise actifs dans cette région, qui évoque une « question pas budgétaire, mais morale ».

Plusieurs évêques et prélats français, dont Mgr Pontier, se rendront « très prochainement » à Kirkouk pour « évaluer les besoins », a-t-il indiqué.

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