Les énarques plus représentés dans la sphère économique qu’aux responsabilités politiques

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Les énarques sont plus représentés dans la sphère économique qu’ils n’exercent de responsabilités politiques, selon une étude inédite réalisée par des chercheurs de l’EHESS en collaboration avec le centre d’étude et de recherche de l’ENA, présentée mardi.

Si moins de 5% des anciens élèves de l’Ecole nationale d’administration (ENA) exercent des responsabilités politiques, 22% travaillent ou ont travaillé dans le monde de l’entreprise et notamment dans le secteur privé à un moment ou un autre de leur carrière, selon l’étude intitulée « que sont les énarques devenus ? ». 8% ont quitté définitivement le secteur public, selon cette étude, réalisée en 2014 sur 1.215 individus et dix promotions, entre 1985 et 2008.

Sept des 40 patrons du CAC sont des énarques qui représentent, par ailleurs, 10% des personnalités mentionnées dans le Who’s Who en France mais la grande majorité des anciens élèves constituent les hauts fonctionnaires de l’Etat.

Cependant, relève François Denord, l’un des chercheurs de l’EHESS, « les cartes ont été largement rebattues, le rôle de l’Etat a changé car le pouvoir économique a tendance à prendre l’ascendant sur le pouvoir politique ».

Ce « pantouflage » ou passage des grands corps de l’Etat au monde de l’entreprise, est cependant « assez difficile à chiffrer », selon ce chercheur, notamment si l’on se réfère « aux données collectées sur le statut public ou privé des entreprises, très fluctuant ».

Les énarques qui passent dans le monde de l’entreprise, issus majoritairement de milieux privilégiés (61 à 77% selon les promotions) se recrutent « en grande majorité chez les inspecteurs des finances, qui sont amenés à être en contact avec des décideurs de la sphère économique », ajoute-t-il. « Les énarques d’origine plus modeste restent davantage dans le giron administratif ».

Par ailleurs, 33% des anciens élèves de l’ENA ont intégré les cabinets ministériels, notamment l’économie et les finances, et les affaires étrangères. Ils représentent 25% des membres des cabinets tandis que 15% d’entre eux cumulent au moins deux passages en cabinet, selon l’étude.

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