Fréjus: « insultés » par la municipalité FN, des artistes partent à Saint-Raphaël

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Une dizaine d’artistes et d’artisans d’art de Fréjus (Var) vont s’exiler au printemps prochain dans un nouveau lieu de création situé dans la commune limitrophe de Saint-Raphaël après avoir subi, selon eux, « un certain nombre d’insultes » de la part de la municipalité dirigée par David Rachline (FN).

Les artistes ont annoncé ce projet lundi matin en mairie de Saint-Raphaël en présence du député-maire de la ville, Georges Ginesta, élu des Républicains.

Ces artistes et artisans d’art, dont certains occupaient jusqu’à présent des locaux communaux loués à bas prix à la ville de Fréjus et faisaient partie d’un circuit des métiers d’art, étaient entrés en désaccord cet été avec la municipalité sur les conditions d’occupation de leurs ateliers.

« La nouvelle convention proposée par la mairie de Fréjus était liberticide », estime le photographe Olivier Isselin. « Elle nous imposait par exemple d’ouvrir 45 semaines par an, sachant que le tissu fréjussien ne suffit pas à nous faire vivre et que nous devons aussi sortir pour vendre et vivre de notre métier. »

La municipalité de Fréjus, selon la nouvelle convention que l’AFP a pu consulter, demande également aux artistes « d’intervenir dans le cadre des activités périscolaires organisées par la ville, à raison d’une heure trente par semaine sur un trimestre de l’année », et ce gratuitement.

Sur les seize ateliers communaux de Fréjus, seuls six ont vu leurs occupants accepter ces nouvelles conditions, selon M. Isselin.

Le nouvel espace de création, qui devrait ouvrir au printemps prochain sur plus de 600 m2 près de la gare, a été lancé à l’initiative du maire de Saint-Raphaël. « Quand j’ai vu le conflit et l’exclusion des artistes de Fréjus, j’ai pris contact avec eux pour leur faire savoir qu’ils étaient les bienvenus », raconte M. Ginesta, qui entretient des relations « inexistantes » avec son voisin fréjussien.

La demi-douzaine d’artistes et artisans de Fréjus qui s’exilent ainsi, rejoints par quelques artistes « privés », soit au total une quinzaine de personnes, loueront leur local à l’association La Fourmilière. Saint-Raphaël mettra à la disposition de celle-ci des locaux dont elle est propriétaire, après des travaux pour un montant de 300.000 euros.

« Le nom de l’association est un pied de nez à la municipalité de Fréjus qui nous avait traité de fainéants », précise M. Isselin, qui en sera le président. Quant au logo, des points rouges sur fond blanc, il fait référence aux propos tenus, selon lui, « par Marion Maréchal-Le Pen, qui s’était moquée des bobos faisant semblant de s’émerveiller devant deux points rouges sur une toile ».

Contacté, M. Rachline a fait savoir par son entourage « qu’il ne souhaitait pas polémiquer en ce jour de deuil national ».

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