« La SEGPA, l’une des écoles de la dernière chance »

Une classe Segpa accueille les élèves de la 6ème à la 3ème ne maîtrisant pas toutes les connaissances et compétences attendues en fin de primaire. Raphaël Pech, ancien enseignant en Segpa, nous fait part de son expérience.

SEGPA

SEGPA – Dmitry Naumov-fotolia.com

Vous avez enseigné cinq ans en Section d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA). Pourquoi avez-vous fait ce choix ?

Tout passionné par le monde éducatif se doit de se pencher sur la difficulté scolaire, la SEGPA est l’antichambre du décrochage et bien souvent le dernier rempart face à l’obscurantisme. Cette mission républicaine est à mon sens prioritaire et je suis fier d’y apporter mon concours (1).

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est réellement une classe SEGPA et comment elle s’intégre dans un collège « traditionnel » ?

A propos de l’intégration de l’élève en SEGPA :
Si les difficultés de l’élève, détectées en CM1, persistent malgré la mise en place de dispositifs d’aide, le directeur d’école contacte la famille pour envisager l’orientation en Segpa.
Un dossier d’orientation est constitué pendant l’année de CM2, avec le consentement des parents, et est transmis au Directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen) du secteur.
Le dossier est ensuite étudié par la commission départementale d’orientation, présidée par l’inspecteur d’académie, qui donne un avis. Si cet avis est favorable, le Dasen peut autoriser l’enfant à intégrer la Segpa.

La SEGPA est pour moi, l’une des écoles de la dernière chance. Un espace protégé où l’on peut se réconcilier avec les apprentissages dans un cadre adapté. Son intégration au sein du collège unique ne peut passer que par une politique d’inclusion efficace. J’ai malheureusement connu des SEGPA relayées au fond du collège, physiquement à l’écart des autres, ne partageant que trop rarement des activités avec les autres élèves du collège.

Pensez-vous qu’elle est une solution efficace pour les élèves en difficulté scolaire ?

Oui, la SEGPA est une solution lorsqu’elle propose une véritable alternative pédagogique rompant radicalement avec l’approche de la pédagogie traditionnelle. Évaluation positive, pédagogie inversée, ludification sont des pistes très intéressantes pour redonner de l’appétence aux élèves décrocheurs.

Et après la classe SEGPA, que se passe-t-il pour ces élèves ?

L’orientation par défaut reste le point noir de l’après SEGPA. Finalement peu d’élèves accèdent à la formation professionnelle désirée par manque de place. Cela dépend bien sûr des territoires, mais en milieu rural cela reste un véritable problème.

A savoir également :
A l’issue de la classe de 3ème, la plupart des élèves ont vocation à poursuivre une formation en lycée professionnel ou en centre de formation d’apprentis (CFA). Pour les autres élèves, une solution au cas par cas est proposée pour qu’ils poursuivent leur projet de formation.

Après cinq années d’enseignement en SEGPA, que tirez-vous de cette expérience ?

Tout d’abord une grande fierté et bien sûr l’envie d’aller toujours plus loin dans l’expérimentation pédagogique. L’enseignant spécialisé reste à l’affût des innovations. L’intégration des TICE semble être une piste porteuse pour les années à venir.

Note(s) :
  • (1) Raphaël Pech est professeur certifié CAPA-SH option F
Source(s) :
  • eduscol.education.fr, service-public.fr

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