Girard a « revalorisé la religion chrétienne en philosophie » (évêque-académicien)

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Le penseur français René Girard, mort à l’âge de 91 ans, était un « audacieux » traité en France « comme un intrus » qui a « revalorisé la religion chrétienne en philosophie », a déclaré jeudi l’évêque Claude Dagens, l’un de ses pairs à l’Académie française.

« C’était un philosophe original et très audacieux parce qu’il s’était attaqué à une réalité que les philosophes n’abordent pas souvent, qui est la réalité et le mystère du mal », a confié à l’AFP Mgr Dagens, à Lourdes pour l’assemblée des évêques.

Pour le prélat-académicien, « il avait revalorisé la religion chrétienne en philosophie en montrant que la réalité du mal provoque l’engrenage de la culpabilité: s’il y a du mal il y a des coupables, s’il y a des coupables il faut les chercher, si on les cherche on les trouve, si on les trouve on les accuse ».

« Le Christ Jésus, par sa Passion et par sa Croix, vient abolir de l’intérieur cet engrenage destructeur: il est le bouc émissaire qui prend sur lui le mal du monde et qui brise l’engrenage de la culpabilité », a analysé Mgr Dagens.

Selon l’évêque d’Angoulême, tous les livres de René Girard, notamment « La Violence et le Sacré » (1972), « chantent la même musique », faisant « de la révélation du Christ crucifié un élément constitutif d’une nouvelle compréhension du monde, et c’était d’une audace extraordinaire ».

« Cela ne lui a pas valu beaucoup d’amis dans le champ de la philosophie », a relevé Mgr Dagens. « En France, il a été traité comme un intrus. Il s’occupait de ce que, comme philosophe, il n’aurait pas dû s’occuper ».

René Girard, qui a enseigné dans les universités américaines de Duke, John Hopkins et surtout Stanford, « a trouvé aux Etats-Unis une pensée philosophique qui était beaucoup plus accueillante à la religion », selon l’évêque.

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