Les profs de lettres classiques, une espèce en voie de disparition ?

Jack Koch

Aux côtés des ours polaires et autres éléphants de savane, trouvera-t-on bientôt les professeurs de lettres classiques sur la liste des espèces menacées d'extinction ?

Les profs de lettres classiques, une espèce en voie de disparition ?

La filière Lettres classiques est décidément bien malmenée depuis quelques années. Après la refonte, très décriée, du CAPES de lettres en 2013, le nombre élevé de postes non pourvus au concours, et les inquiétudes liées à l’avenir de l’enseignement du latin et du grec au collège, une récente étude vient confirmer la désaffection de la filière à l’université.

Selon la CNARELA, qui a dirigé l’enquête, seuls 10 étudiants en moyenne par université étaient inscrits en lettres classiques à la rentrée 2014. Cependant, malgré la faiblesse de ces effectifs, ils représentent, par rapport aux années précédentes, une légère remontée dont « nous pouvons nous réjouir », a commenté l’association.

Pas sûr toutefois que cette petite amélioration suffise à pallier le déficit de candidats admissibles aux concours enseignants de lettres classiques, installé depuis plusieurs années maintenant.

1 commentaire sur "Les profs de lettres classiques, une espèce en voie de disparition ?"

  1. Anne-Marie Chazal  6 novembre 2015 à 16 h 39 min

    Les étudiants en Lettres classiques sont effectivement moins nombreux que ceux d’autres disciplines, mais cela a toujours été le cas : les études portent sur trois disciplines qui permettent d’enseigner trois langues, trois littératures avec la même exigence et le même niveau et la sélection a toujours été importante. L’enquête menée par un des membres du bureau de la CNARELA n’avait pas pour but d’insister sur le petit nombre dont nous avons l’habitude, mais au contraire sur le regain d’intérêt des étudiants pour cette discipline passionnante et que les ministères successifs essaient de faire disparaître depuis des décennies, en vain.
    Pour être exact, il faudrait surtout s’intéresser aux résultats des concours : en Lettres classiques, les barres d’admissibilité et d’admission ont très peu baissé et les postes proposés ne sont pas tous pourvus ; quand ils le sont, c’est à niveau constant.
    Il faudrait aussi souligner qu’avec la réforme du CAPES de Lettres dans lequel Lettres modernes et Lettres classiques sont des options et non plus des CAPES séparés, les ÉSPE ne décomptent plus les étudiants de Lettres séparément parce que, paradoxalement, ce que tous les articles récents ne montrent pas, c’est la baisse effective aussi, comme dans tous les CAPES, des impétrants en Lettres modernes !
    Enfin, et c’est un des éléments qui manquent aussi dans tout ce que nous pouvons lire en ce moment, il faudrait indiquer qu’on peut observer une baisse du nombre d’étudiants dans l’ensemble des masters MEEF, c’est-à-dire dans le parcours universitaire qui prépare à l’enseignement : et il ne faut pas aller très loin pour expliquer le manque d’attractivité de cette filière …
    AMChazal, Professeur de Lettres classiques, chargée de cours à l’AMU (Université d’Aix-Marseille) et présidente de l’AGAP-CNARELA.Signaler un abus

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