Valls s’inquiète de voir tomber la laïcité entre les « mauvaises mains » de l’extrême droite

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Manuel Valls a averti lundi du risque de voir la laïcité « tomber entre les mauvaises mains » de « l’extrême droite », tout en appelant à mener le « combat de la laïcité » face aux « ennemis de la République ».

Le Premier ministre assistait à l’Hôtel de Ville de Paris à la remise des prix annuels du Comité Laïcité République, une association militante de défense de la laïcité, qui rendait également hommage aux victimes des attentats de janvier à Paris.

Rappelant l’étymologie grecque du mot laïcité -venant de « laos », le peuple- Manuel Valls a défendu dans un discours la laïcité comme « principe d’organisation du peuple, de la société ».

« Ce principe -il faut le dire, maintenant, car après il est trop tard !- pourrait très bien tomber entre de mauvaises mains », a-t-il averti.

Cette extrême droite « est aux portes du pouvoir dans certaines régions, aux portes du pouvoir tout court », a-t-il dit en allusion au Front national.

« Je ne veux pas que l’extrême droite entre par effraction dans le destin de la France, qu’elle vienne (…) saccager ce que nous ont laissé les Clemenceau, les Jaurès ! Alors, oui, il y a un combat à mener », a-t-il poursuivi.

Un premier prix a été remis au directeur de l’IUT de Saint-Denis Samuel Mayol, pour « sa défense de la laïcité à l’université ».

Celui-ci est depuis deux ans dans un conflit ouvert et controversé avec deux enseignants, qu’il accuse d’avoir laissé une association étudiante, L’Ouverture, faire du prosélytisme religieux musulman dans l’établissement.

M. Mayol, qui a reçu le soutien du gouvernement, a depuis porté plainte pour de nombreuses agressions et menaces de mort, mais fait face à des soupçons de manipulation, émanant notamment d’une enquête de l’université Paris-XIII dont dépend l’IUT.

La mobilisation menée par le gouvernement pour la laïcité « doit aussi concerner l’université », a affirmé Manuel Valls, qui a fait part de son « soutien » à M. Mayol et au deuxième lauréat, le pianiste turc Fazil Say.

Ce dernier a été condamné notamment pour avoir tweeté des vers du poète persan du XIe siècle Omar Khayyam, un acte jugé par un tribunal turc « injurieux envers les valeurs religieuses ». Sa condamnation vient toutefois d’être annulée par la cour suprême d’appel turque, selon les médias turcs.

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