« Faire de la microscopie autrement » avec NIPIB en SVT

Dominique Martinez, prof de SVT, utilise NIPIB, une plateforme qui permet d’explorer des images virtuelles d’observations microscopiques. Pour elle, cette base de ressources permet "d'aller plus loin" que le microscope classique.

Biologie animale - Spermatogénèse / NIPIB / Itop Education

Biologie animale – Spermatogénèse / NIPIB / Itop Education

Pour “faire de la microscopie autrement”, Dominique Martinez, professeure de SVT au collège Bugatti de Molsheim, près de Strasbourg, utilise NIPIB (Nouvelle Imagerie Pédagogique de l’Invisible), une plateforme en ligne qui propose d’explorer plus de 200 images virtuelles d’observations microscopiques, ou avec un macrozoom.

Cette base de ressources à destination des enseignants de SVT, commercialisée par Itop Education, a été conçue dans le cadre d’un projet de recherche et développement de l’université de Lorraine et de l’académie Nancy-Metz.

Un microscope virtuel

NIPIB est un microscope virtuel, avec différentes lames d’observation à haute résolution, qui couvre l’ensemble des thèmes abordés dans le programme de SVT, de la 6e à la terminale : biologie animale, biologie végétale, microbiologie et géologie.

Faune du sol - Mille-pattes / NIPIB / Itop Education

Faune du sol – Mille-pattes / NIPIB / Itop Education

“Les élèves peuvent zoomer sur les coupes microscopiques, réaliser des mesures des structures observées, annoter les images, ou encore afficher plusieurs lames en même temps, ce qui permet de dépasser le microscope classique, pour faire des comparaisons de lames”, explique Dominique Martinez.

Pas question pour l’enseignante d’abandonner l’usage du microscope, qui permet notamment de visualiser des organismes mouvants. ““Mais pour certains tissus particulièrement difficiles à interpréter, NIPIB propose une alternative. C’est un outil complémentaire, pour aller plus loin”, indique-t-elle. Ainsi, la banque de ressources propose d’observer des lames de tissus humain, ou des coupes de moelle épinière“, qui sont “très difficiles à observer traditionnellement”.

En outre, sur NIPIB, les élèves peuvent avoir accès à des “documents d’aide” – des fiches scientifiques et pédagogiques, “qui accompagnent chaque image, afin de les aider à mieux comprendre le micro-organisme observé”, remarque Dominique Martinez.

« Observation et comparaison facilitées » grâce au numérique

Biologie végétale - Feuille d'Oyat / NIPIB / Itop Education

Biologie végétale – Feuille d’Oyat / NIPIB / Itop Education

Avec une classe de 3e, l’enseignante a proposé d’observer une analyse sanguine. “Le contexte : une personne s’est blessée en bricolant, sa blessure s’est infectée, des ganglions se sont développés… les élèves, en binômes, comparent alors des lames minces de frottis sanguins pour identifier les acteurs de la réponse immunitaire, notamment les globules blancs”, décrit-elle.

En permettant de zoomer, de visualiser plusieurs lames en même temps (par exemple, en géologie, un échantillon de roche volcanique en lumière polarisée non analysée, puis le même  en lumière polarisée analysée), et d’observer des coupes à plusieurs au lieu de passer chacun son tour devant un microscope, “l’observation et la comparaison est facilitée, ce qui représente un véritable gain de temps”, indique Dominique Martinez.

Les élèves pouvant ajouter des annotations, capturer des images et travailler de façon collaborative, “le travail rendu, sous forme numérique, est de bien meilleure qualité, et ma correction est facilitée”, remarque l’enseignante.

Étamine de Lys - NIPIB / Itop Education

Étamine de Lys – NIPIB / Itop Education

Un outil pour « tendre vers la classe inversée »

En 5e, les élèves de Dominique Martinez ont observé une coupe de l’intestin, “ce qui est très difficile avec un microscope classique”, selon la professeure. “En zoomant et en dézoomant, ils peuvent savoir où ils se situent dans la coupe et arrivent à mieux se repérer lors de leur exploration”, explique-t-elle. Le numérique leur a en outre permis de réaliser facilement des opérations complexes lors d’une observation avec microscope : la mesure de la distance entre les nutriments du sang.

Lors de leurs observations, les élèves se rendent en salle informatique, ou utilisent des tablettes numériques. Ils travaillent en autonomie, par petits groupes. Les ressources numériques sont disponibles en permanence, via un ENT (espace numérique de travail), “ce qui leur permet d’y accéder n’importe quand, même hors de la classe. Si un élève est malade, il peut travailler sur une lame à la maison. C’est aussi très utile pour les révisions”, note la prof de SVT.

Pour l’enseignante, l’observation via NIPIB pourrait permettre à terme de tendre avec ses élèves de 3e “vers la classe inversée : ils pourraient par exemple pourraient explorer un micro-organisme en amont du cours, par exemple pour revoir une cellule qu’ils ont déjà vu les années précédentes, afin de gagner du temps en début d’heure”.

Lire aussi : Corpus : des ressources pédagogiques pour apprendre les SVT différemment

La ‘classe inversée‘ concerne le primaire comme le secondaire, et peut faire l’objet d’un grand nombre d’applications pédagogiques. Cet article fait ainsi partie d’un vaste dossier sur la classe inversée, à découvrir !

1 commentaire sur "« Faire de la microscopie autrement » avec NIPIB en SVT"

  1. Hubner  20 octobre 2015 à 11 h 44 min

    « Cette base de ressources à destination des enseignants de SVT, COMMERCIALISÉE par Itop Education (…). »

    Pourquoi pas en open source ?Signaler un abus

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