Les Khmers rouges au centre du documentaire « L’Image manquante »

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« L’Image manquante », un documentaire bouleversant qui raconte les vertes années du cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh brisées par les Khmers rouges sort en salles mercredi.

Dans ce film récompensé par le prix « Un certain regard » à Cannes en 2013 et diffusé à la télévision sur Arte il y a deux ans, Rithy Panh, réalisateur de « S21, la machine de mort khmère rouge » poursuit de manière plus personnelle son travail sur la mémoire des survivants du régime meurtrier des Khmers rouges (1975-79).

Rescapé des camps de travail dans lesquels il a perdu ses parents et une partie de sa famille, le cinéaste de 51 ans a décidé de faire revivre avec des personnages de glaise les pans perdus de son enfance et la tragédie de sa famille.

Stylisées et naïves, les figurines peintes composent des tableaux figés, d’une grande puissance émotionnelle, mais loin des films d’animation.

« Ce sont des statuettes qui restent fixes, et il faut arriver à insuffler la vie dedans. C’est ça qui est magique, qui touche les gens, qui fait que ça devient plus fort que si on faisait une reconstitution. C’est pour cela que c’est peut-être plus universel, tout le monde peut se l’approprier », indiquait Rithy Panh à l’AFP lors de la diffusion de son documentaire sur Arte.

« J’ai visé tout ce qui est intime », ajoutait-il.

Le film, nommé aux Oscars en 2014 dans la catégorie « meilleur film étranger », est entrecoupé d’images d’archives et accompagné par la musique de Marc Mander et le commentaire de Christophe Bataille, avec qui Rithy Panh avait écrit en 2012 « L’élimination ».

Le cinéaste explique avoir voulu être « radical » dans sa proposition artistique, en utilisant les figurines tout au long de son film.

Pour cela, il a fait appel à un seul homme, décorateur de cinéma et menuisier, qui a fabriqué « des centaines de statuettes » et leurs accessoires. Au total, il a fallu plus de deux ans de travail pour faire ce documentaire, tourné dans le bureau du réalisateur au Cambodge.

L’univers de l’enfance de Rithy Panh, avant l’âge de 13 ans où sa vie a basculé, est un monde coloré, plein de musique, raconté de manière poétique autour de la reconstitution de sa maison familiale. Le monde des figurines plonge ensuite dans la noirceur pour raconter le génocide.

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