Supprimer l’ENA, la proposition de loi d’un député centriste

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L’Ecole nationale d’administration (ENA) fête ses 70 ans: c’est le moment choisi par le député UDI Michel Zumkeller pour déposer une proposition de loi visant à supprimer l’établissement qui forme, selon lui, « une élite en décalage croissant avec le monde réel ».

Cet élu du Territoire-de-Belfort rappelle jeudi dans un communiqué, que l’école, à sa création en 1945, « avait essentiellement pour objectif de démocratiser le recrutement des hauts fonctionnaires et de reconstruire le pays par la planification économique ».

« Or, soixante-dix ans plus tard, l’ENA semble loin d’avoir répondu aux attentes de ses pères fondateurs et son adaptation aux nouveaux besoins de la société française est de plus en plus contestée et contestable », sur fond de révolution numérique et de mondialisation, observe-t-il dans son exposé des motifs.

Pour justifier sa proposition de loi de deux articles, cosignée jusqu’alors par 15 députés (8 Les Républicains, 4 UDI, 2 EELV, et 1 PRG), il dénonce « un véritable système de connivence où les postes à la tête de grands groupes privés ou publics sont réservés aux seuls énarques », une ENA qui « apprend à faire fonctionner une économie administrée et rigidifiée » et qui « creuse encore davantage le fossé entre les citoyens et l’Etat ».

Ce membre de la commission des Lois de l’Assemblée, comptable de profession, souligne que l' »opportunité du maintien de cette école est remise en cause depuis un certain nombre d’années » et par « des hommes politiques de tous horizons, souvent eux-mêmes énarques ».

L’idée de supprimer l’ENA de fait est un serpent de mer. Le centriste François Bayrou avait notamment prôné sa suppression en 2007, la même idée ayant été réclamée notamment par de célèbres anciens élèves, comme l’ancien président de la République Jacque Chirac ou les ex-Premiers ministres Alain Juppé, Michel Rocard ou Laurent Fabius.

Le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) a appelé vendredi dernier l’ENA à « penser à prendre sa retraite », dénonçant « le creuset de la reproduction sociale des élites » qu’est devenue l’école d’élite française, d’où sont sortis entre autres le président socialiste François Hollande et six de ses ministres.

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