Programmes scolaires : les projets revus « de fond en comble »

Le Conseil supérieur des programmes a présenté ce matin ses nouveaux programmes scolaires. Des textes changés "de fond en comble", d'après son président Michel Lussault.

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Le Conseil supérieur des programmes (CSP) a présenté, ce vendredi 18 septembre, ses projets de programmes scolaires du CP à la 3e, repensés « de fond en comble », selon son président Michel Lussault. Interrogé hier sur Europe 1, il a expliqué que le CSP avait fait « bien plus » que « retoucher » son projet.  « Nous avons reconstruit l’édifice à partir des critiques », a-t-il affirmé.

Tous les thèmes deviennent obligatoires en histoire

Terminés, par exemple, les thèmes obligatoires et facultatifs en histoire, aspect très critiqué de la première mouture présentée en avril dernier. Certains historiens avaient même estimé que le projet laissait « trop de liberté aux enseignants ». « Ce dispositif […] n’était pas compris, donc nous l’avons changé », a reconnu Michel Lussault. Tous les thèmes du programme sont donc désormais obligatoires. En mai dernier, le président du CSP excluait pourtant de revenir sur la « liberté pédagogique laissée aux enseignants, grâce aux thématiques au choix ».

Autre critique adressée au projet initial, par l’ancien ministre Luc Ferry en particulier, une approche trop thématique et pas assez chronologique. Cette chronologie a été « réaffirmée » dans les nouveaux programmes, même si elle « était déjà présente », a estimé Michel Lussault.

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Des programmes encore plus longs ?

Consultés pendant plusieurs semaines sur le premier projet, les enseignants lui avaient principalement reproché d’être trop long pour les volumes horaires dédiés. Et la fin des thèmes facultatifs ne risque-t-elle pas de les rendre encore plus lourds ? Pour Michel Lussault, « la longueur des programmes, ce n’est pas simplement une question de thèmes à aborder, c’est aussi lié à la façon dont on aborde ces thèmes. Les enseignants seront sensibilisés au fait que nous n’avons pas affaire à des historiens professionnels donc nous ne pouvons pas approfondir tous les thèmes, et ces programmes sont faisables », a-t-il répondu.

Quant à l’enseignement de l’islam, « nous avons levé les ambiguïtés », a-t-il indiqué. « Il est clair que l’on étudie la naissance de l’islam dans un thème sur le 7e et le 12e siècle, mais qu’on mettra en perspective l’islam avec les empires carolingiens et byzantins et avec d’autres sociétés ». Enfin, face aux accusations de certains historiens qui reprochaient au premier projet d’exprimer une vision « culpabilisante » de l’histoire, Michel Lussault se défend : « il n’y avait pas d’autoflagellation, je crois que certains la voyaient parce qu’ils l’avaient dans leur propre tête ! Nous montrons une histoire qui est une histoire lucide », a-t-il affirmé. « Patrick Weil, qui est un historien connu […] insiste sur le fait que dans l’histoire humaine, il y a des zones d’ombre mais aussi ce qu’il appelle des moments de lumière, et qu’il faut que l’histoire montre aux élèves ces deux aspects ».

Des dictées et exercices de calcul mental quotidiens en élémentaire

Ce matin, dans le cadre de la présentation officielle de la nouvelle mouture, des précisions ont été apportées sur les nouveaux programmes de français et de mathématiques. Au menu, 10 heures d’enseignement de français en plus par semaine en élémentaire, « réparties dans les autres matières », une dictée quotidienne, et des liens renforcés « entre les thèmes, les genres et les périodes littéraires ». En revanche, il n’y aura pas de mise en place de listes d’oeuvres littéraires, comme certains enseignants l’avaient demandé. Concernant les mathématiques, la pratique du calcul mental deviendra quotidienne et l’apprentissage de la division se fera au CM1, au lieu du CE2.

Enfin, le jargon utilisé dans la première version, moqué par les enseignants, a été simplifié. Le fameux « milieu aquatique profond standardisé », pour désigner la piscine en EPS, a par exemple été remplacé par le terme de « bassin en eau profonde ».

Le président du CSP l’affirmait en début de semaine sur Twitter « les programmes CSP ne satisferont pas tout le monde — impossible, mais chacun pourra constater l’importance et la cohérence du travail ».

Il faut espérer que ce nouveau projet sera mieux accueilli par les enseignants que le précédent.

Source(s) :
  • nouvelobs.com, lesechos.fr, letelegramme.fr, lemonde.fr, lefigaro.fr

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