« La vie en grand » ou le pouvoir rédempteur de l’école sur un jeune des cités

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Premier long métrage de Mathieu Vadepied qui sort mercredi en salles, « La vie en grand » nous plonge dans la double vie, de dealer et collégien, d’un ado des cités, une comédie sociale produite par les réalisateurs d' »Intouchables », qui rend hommage au travail des profs de banlieue.

Adama, 13 ans, vit seul avec sa mère et souffre de la voir travailler de nuit pour une misère. Un jour, un élève plus jeune de son collège dont il est censé être le tuteur découvre par hasard un pain de « shit », que les deux camarades décident de revendre. Adama tombe dans l’engrenage de la drogue et les choses pourraient mal tourner pour lui. Mais, au collège, le personnel éducatif veille au grain.

Drôle et touchant, le film est porté par l’interprétation lumineuse de Balamine Guirassy (Adama) et d’Ali Bidanessy (Mamadou), des acteurs non professionnels choisis à l’issue d’un casting-marathon qui a duré un an et demi.

Tourné à Stains (Seine-Saint-Denis), dans la cité du Clos Saint-Lazare, « La vie en grand » évite les pièges du film engagé sur les « jeunes des cités », portant un regard volontairement neutre sur la banlieue: « On en parle toujours comme des endroits où c’est la guerre, où il y a la drogue, alors que beaucoup de gens y vivent normalement », explique Mathieu Vadepied, 52 ans, dans un entretien à l’AFP.

« L’idée de ce film, c’est qu’il n’y a pas de fatalité, que les destins ne sont pas écrits à l’avance », poursuit cet admirateur de Maurice Pialat, qui a travaillé avec Jacques Audiard et comme chef opérateur sur « Intouchables ». Le film est d’ailleurs produit par les réalisateurs d' »Intouchables », Eric Toledano et Olivier Nakache, ainsi que par Bruno Nahon.

Refusant « le misérabilisme, la fatalité ambiante et l’esprit de sérieux », cette fiction à la forme réaliste, presque documentaire, tient aussi de la fable. « Je voulais que ça pétille, restituer un peu de la malice de cet âge-là. »

S’il n’échappe pas à un certain manichéisme (les « gentils » profs versus les « méchants » dealers), « La vie en grand » se veut un acte de foi dans le pouvoir rédempteur de l’école et un hommage au travail des enseignants, capables de faire échec à la logique du déterminisme social.

Le réalisateur voit grand pour son film dont il veut faire le point de départ d’un travail dans les classes. Dans l’immédiat, des projections-débats sont prévues dans plusieurs cinémas de la banlieue parisienne, comme à Bobigny, Montreuil, Bondy ou Tremblay.

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