Frappée par l’alcoolisme, La Réunion cherche les leviers d’une amélioration

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Les pouvoirs publics, les producteurs locaux, importateurs et distributeurs d’alcool ont signé lundi une charte contre « l’usage nocif ou abusif d’alcool » à La Réunion, région française dans le haut du classement sur les ravages alcooliques.

« Première région en termes d’interpellation sur la voie publique pour état d’ivresse, elle s’inscrit troisième au classement en terme de mortalité prématurée par alcoolisme et cirrhose », selon le préambule de ce document, signé en présence de la présidente de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et les conduites addictives (Midelca), Danièle Jourdain-Menninger.

Chaque année, « 250 décès directement liés à l’alcool » sont recensés sur cette île de 840.000 habitants et « bien davantage si l’on inclut les décès indirects comme les accidents de la route, les accidents domestiques, les homicides, les violences familiales », poursuit le texte.

La Réunion connait une situation spécifique: un très fort chômage chez les jeunes (54,4%) peut pousser certains, déjà fragilisés, à entrer dans « la spirale de l’alcoolisme ». La diversité des profils concernés montre que les femmes sont touchées et notamment les femmes enceintes ce qui constitue un « sujet de préoccupation majeur ». Enfin, les jeunes de moins de 25 ans « et mêmes les mineurs sont particulièrement concernés par le sujet ».

Concrètement, selon cette charte, les producteurs (d’alcool issus de la canne à sucre), importateurs et distributeurs vont demander à leurs sous-traitants publicitaires de ne plus faire d’affichage « dans un périmètre » de 100 mètres autour des établissements scolaires et de soins, ce qui n’est pas le cas actuellement et parfois avec de très grands formats.

Les distributeurs « s’engagent volontairement à ne plus vendre d’alcool réfrigéré dans les moyennes et grandes surfaces », qui incitent à une consommation immédiate.

La chambre de commerce, la fédération de la distribution et l’union de l’hôtellerie (UMIH) rappelleront à leurs adhérents — petites, moyennes et grandes surfaces ainsi qu’aux cafetiers et établissements de nuit — que la vente d’alcool aux mineurs est interdite par la loi et qu’il s’agit de l’appliquer « plus rigoureusement ».

Un volet prévention devra être intégré à toute animation organisée pour faire la promotion d’un produit alcoolisé.

De leur côté, les pouvoirs publics renforceront les contrôles menés sur les camions bars, les stations services et l’ensemble de débits de boissons.

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