Réforme du collège : les recteurs de Paris et Nancy-Metz veulent renforcer l’allemand

Les recteurs de Paris et de Nancy-Metz vont appliquer des mesures pour renforcer l'enseignement de l'allemand dans le cadre de la réforme du collège.

allemand

© Maren Winter – Fotolia

Cauchemar des professeurs de langues anciennes, la réforme du collège est aussi celui des enseignants d’allemand. Ces derniers craignent qu’en supprimant les classes bilangues, la réforme entraîne une diminution du nombre d’élèves germanistes.

Bien que Najat Vallaud-Belkacem ait réaffirmé l’importance de l’enseignement de l’allemand et qu’une déléguée ministérielle au renforcement de l’apprentissage de l’allemand sur le territoire français ait été nommée, les inquiétudes des profs restent vives.

Pour réaffirmer l’importance de l’allemand dans leurs académies, les recteurs de Paris et Nancy-Metz ont récemment annoncé une série de mesures pour renforcer son enseignement.

Paris : une « année de l’allemand »

A Paris, le recteur François Weil souhaite ainsi faire de cette nouvelle année scolaire « l’année de l’allemand ». L’académie va notamment, en liaison avec les corps d’inspection, « encourager l’enseignement en école élémentaire, ce qui pourra conduire au collège au maintien ou à la création de bilangues dites de continuité », a indiqué François Weil la semaine dernière. De plus, elle va organiser chaque mois un événement autour de l’allemand et consolider le partenariat entre Paris et Berlin.

Nancy-Metz : une évolution de la carte des langues

Quant au recteur de Nancy-Metz Gilles Pécout, il souhaite faire « évoluer » la carte des langues, ce qui permettra d’« afficher une priorité académique, le renforcement de la langue allemande ». Par ailleurs, « nous allons créer un poste de délégué académique à l’action transfrontalière », a-t-il souligné lors d’une conférence de rentrée le 28 août.

Aucune mesure n’ayant été prévue pour les classes bilangues autres que celles de continuité, il n’est pas sûr que ces dispositifs calment les inquiétudes des professeurs. Enseignants d’allemand, qu’en pensez-vous ?

Source(s) :
  • AEF

7 commentaires sur "Réforme du collège : les recteurs de Paris et Nancy-Metz veulent renforcer l’allemand"

  1. Pierre  8 septembre 2015 à 16 h 05 min

    les professeurs d’Allemand sont désespérés par la réforme du collège.
    Les initiatives des recteurs (aussi sympathiques soient elles) ne pourront en aucun cas compenser les pertes de nombre d’élèves dues à la disparition des classes bi langues.
    Espérer augmenter l’apprentissage de l’Allemand en classe élémentaire est une illusion totale. Il n’y a pas 5 % d’écoles élémentaires en capacité de proposer une initiation à l’Allemand.
    Sans classes bi langues, les animations proposées n’auront aucune efficacité pour augmenter le nombre d’élèves en Allemand.
    Que fait madame Kott ?
    C’est vrai qu’elle doit être très occupée par ses activités universitaires.
    Il faut tenir compte des spécificités de l’enseignement de l’Allemand en France. Les classes bi langues ont prouvées leur efficacité. C’est une erreur majeure de les supprimer.Signaler un abus

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  2. Agnès  13 septembre 2015 à 18 h 25 min

    Les profs d’allemand ont toujours dû être inventifs pour continuer d’exister et trouver des solutions pour contourner les obstacles. La création des classes bi langues est un effet de la suppression de l’allemand LV1 au profit de l’anglais. Nous devrons donc trouver une parade pour ne pas disparaître dans le tourbillon de la réforme du collège et envisager d’aller enseigner dans le primaire pour assurer cette fameuse continuité. Je l’avais déjà fait il y a quelques années. Au moment où la liaison école-collège est une des priorités de l’EN, il faudrait sérieusement envisager de s’engouffrer dans la brèche…Signaler un abus

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  3. Fritz  14 septembre 2015 à 16 h 36 min

    Oui, les profs d’allemand ont toujours dû être inventifs pour exister et défendre une langue, une envie de fraternité et une culture extraordinaire (littérature, philosophie, cinéma, peinture…), mais une majorité d’entre eux ne l’a pas été, et c’est une discipline où l’effet professeur a fait des ravages, rebut des élèves et des familles, fermeture des sections européennes par manque d’élèves… alors plutôt que de défendre des structures moitié pleines qui ne visaient qu’à limiter la casse, profitons de la réforme pour garder peu mais garder le meilleur, soutenons par la formation continue les enseignants d’allemand en souffrance en classe ou à côté de la plaque dans leurs pratiques, et misons sur le fait que des cours d’allemand passionnants auront des effets de contagion positive chez le collège voisin.Signaler un abus

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    • Pierre  14 septembre 2015 à 18 h 52 min

      Les professeurs d’Allemand ne vont pas profiter de la réforme. Ils vont disparaitre à cause de la réforme.
      La rentrée 2016, du fait de la disparition des classes bi langue, va mécaniquement entrainer un déficit de 50.000 élèves en Allemand.
      Ce déficit ne sera jamais comblé par le nombre d’élèves choisissant l’Allemand en LV2.
      La critique que vous faites des professeurs d’Allemand est pour le moins étrange.
      L’Allemand serait une matière ou les professeurs seraient moins inventifs que dans d’autres matières ?
      D’où tenez vous vos information pour affirmer ce que vous dites ?
      Les professeurs d’Allemand sont victimes d’un Deutsch bashing insupportable.
      La réforme menace l’enseignement de toute les langues avec une diminution du nombre d’heures hebdomadaires à moins de trois heures.
      Elle fait même disparaitre l’enseignement disciplinaire du latin et du grec.
      La réforme des collège est une catastrophe pour l’ensemble des langues.Signaler un abus

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      • Fritz  15 septembre 2015 à 14 h 00 min

        Pierre, je tiens malheureusement ces informations du constat que je fais depuis des années dans un département où mes fonctions m’amènent à travailler sur le sujet. Des élèves issus de bilangue ou de section euro plus faibles que ceux de LV2, et qui n’ont qu’une envie : arrêter l’allemand en 2nde. Mais ça n’est pas la majorité, certains ont eu la chance de tomber sur un professeur passionnant. Et je ne juge personne, je considère même que les enseignants d’allemand qui ont faire « fuir » leurs élèves ont surtout fait les frais de l’absence d’aide de leur corps d’inspection. Donc pas de procès d’intention, pas de Deutsch bashing. La réforme sera ce que l’on souhaite y mettre comme contenu, tout simplement. Et les acteurs ont la main cette fois-ci.Signaler un abus

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        • Pierre  16 septembre 2015 à 11 h 29 min

          Je suis d’accord avec vous, il y a des profs plus ou moins compétents, mais cela n’a rien de spécifique à l’Allemand.
          Cependant cette réforme entraine une réduction importante du contenant en réduisant de façon très importante le nombre d’heures d’enseignement de l’Allemand.
          Pour mettre du contenu, il faut un contenant à la mesure des enjeux. La réforme du collège va entrainer, hélas, une baisse très importante du nombre d’élève dans ce domaine et une désaffection pour l’allemand.
          les profs, bons ou mauvais n’auront plus assez d’élèves.
          Cette réforme baisse le niveau pour tout le monde alors qu’il faudrait permettre à tout le monde d’atteindre le meilleur niveau possibleSignaler un abus

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          • beatrice ichard  13 février 2016 à 11 h 43 min

            Je suis une maman d’une enfant en bi langue anglais-allemand, l’an dernier (5ème) tout ce passé bien les élèves adoraient l’allemand car le professeur était dynamique, leur proposer un voyage en 4è et les élèves étaient motivés, pour les 5ème elle a même organisé un séjour de 2 jours à Cologne car elle savait qu’elle partait à la retraite. Cette année catastrophe, les enfants en sont à leur 2ème professeur, la 1ère n’a fait que 3 mois et la 2ème est la depuis mi janvier. Les élèves sont restés sans professeur 2 mois (septembre) et 2 fois 15 jours. Et la ils sont complètement démotivés et veulent arrêter l’allemand mais ils ne peuvent pas faire une autre langue en 3ème.

            Mon autre fille en 5ème cette année aurait souhaité étudier l’allemand en LV2 mais ce n’est pas possible dans son collège.

            La volonté de faire enseigner l’allemand vient du directeur d’établissement.

            Donc nous envisageons le changement d’établissement pour 2016.

            Cette réforme va accord plus dégrader l’enseignement des langues vivantes (portugais, italien, allemand) car toutes les sections bilangues sont menacées. Dans un monde en perpétuel mouvement où les échanges sont nombreux, la France court à la catastrophe, sauf si les parents payent des cours de langue avec des organismes privés.Signaler un abus

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