Une « boîte à outils » pour soutenir la jeunesse d’outre-mer de l’école à l’emploi

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Recrutement d’enseignants locaux maîtrisant les langues régionales, extension de la « garantie jeunes » à tous les DOM, prise en charge augmentée des emplois d’avenir: le gouvernement a lancé jeudi un « plan » pour les jeunes d’outre-mer, de l’école au premier emploi.

« C’est une sorte de boîte à outils, on aura listé toutes les initiatives existantes. Il fallait les structurer et donner de la lisibilité à nos politiques », a déclaré George Paul-Langevin.

Après le volet « croissance et emploi » (conçu par son prédécesseur Victorin Lurel), « logement » en mars, c’est donc au tour de la jeunesse — priorité affichée de François Hollande — d’avoir ses mesures.

Pourquoi outre-mer ? « Parce que les 1,2 millions de jeunes concernés représentent plus de la moitié de la population ultramarine », a dit la ministre des Outre-mer.

Si elle s’était réjouie fin août d’un recul du nombre de chômeurs en Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion (1.220 dont 928 jeunes), le chômage des jeunes reste un sujet majeur avec un taux compris en 40 et 60% (contre 24% dans l’Hexagone).

« Le chômage n’est pas une fatalité. Il faut des moyens exceptionnels pour une situation exceptionnelle », a souligné le ministre de la Jeunesse Patrick Kanner.

L’ensemble des mesures relevant de ministères différents (Ville, Education, Enseignement supérieur, Sport, Justice et Outre-mer) totalisent un montant annuel de 300 millions d’euros. « Si une expérimentation fonctionne et qu’on l’étend, les budgets vont augmenter », a assuré Mme Pau-Langevin.

Sur le terrain, deux dispositifs ont fait leurs preuves. La « garantie jeunes », expérimentée à la Réunion avec 2.000 bénéficiaires et un bon taux d’insertion, sera maintenue sur l’île et étendue à la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane dès 2015 et à Mayotte en 2017 au plus tard.

La prise en charge par l’Etat à 90% des emplois aidés, toujours à la Réunion pour pallier des collectivités exsangues, sera aussi appliquée aux Antilles.

Pour le service militaire adapté (SMA), qui offre une formation professionnelle dans un cadre militaire, « l’objectif de 6.000 jeunes en 2017 sera atteint » et sans « diminution de la durée de la formation ou de sa qualité », a assuré le général Luc de Revel.

« Cadre avenir », qui permet de faire émerger des cadres locaux, est maintenu en Nouvelle-Calédonie, prolongé de deux ans à Wallis et Futuna et devrait être mis en chantier à Mayotte.

Le service civique, qui connaît aussi un engouement dans les outre-mer (7,5% des effectifs alors qu’ils ne pèsent que 3,4% de la population nationale), sera « particulièrement soutenu », a affirmé M. Kanner.

Pour faire le lien entre emploi et formation, notamment pour les jeunes qui partent étudier en métropole, le gouvernement va travailler avec les élus locaux pour créer un système d’information simple sur les opportunités d’emplois dans leur territoire d’origine. Certains, tel la Martinique, peinent parfois à faire revenir des jeunes diplômés.

L’école fait également l’objet de plusieurs mesures, dont certaines très spécifiques à Mayotte et en Guyane, dont la croissance démographique exponentielle est un défi.

A Mayotte, le préfet a repris la main sur les constructions scolaires (compétences de communes normalement), avec un budget de 14 millions d’euros, pour tenter de résorber un déficit criant. Dans l’ouest guyanais, 12.000 élèves supplémentaires auront accès à la collation scolaire.

Dans les deux territoires, le recrutement local est un des enjeux afin de pouvoir enseigner à des enfants qui maîtrisent mal le français, parlant une autre langue à la maison. A Mayotte, un pré-recrutement au niveau licence sera autorisé, en master 1 et en alternance en Guyane, et les classes bilingues, comme à Saint-Martin, seront encouragées.

Les jeunes médiateurs — à Mayotte, pour endiguer la violence aux abords des établissements scolaires et en Martinique pour faire le lien avec la direction — ont aussi vocation à être copiés.

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