Réforme du collège: le Sgen-CFDT, pro-réforme, craint « un enlisement »

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Un des deux syndicats d’enseignants favorables à la réforme du collège pour 2016, le Sgen-CFDT, craint « un enlisement », faute de formation adéquate des professeurs, a indiqué jeudi son secrétaire général.

« Le risque principal est celui d’enlisement, avec une difficulté à appliquer cette réforme concrètement », a estimé Frédéric Sève lors la conférence de rentrée de son syndicat. Le plan de formation proposé par la rue de Grenelle « est très loin des besoins et son calendrier trop tardif » car le gros des sessions ne démarre qu’aux 2e et 3e trimestres, a-t-il ajouté.

Il réclame aussi des sessions de formation collectives, avec toute l’équipe d’un établissement, pour que les enseignants puissent réfléchir « ensemble », cette réforme comportant plusieurs dispositions appelant la collaboration des professeurs (par exemple l’enseignement interdisciplinaire).

La mise en oeuvre de la réforme du collège est prévue pour la rentrée 2016. Cette réforme, qui agite les milieux éducatif et politique depuis le printemps, comprend notamment une plus large autonomie des établissements, plus d’interdisciplinarité, l’aide personnalisée, la suppression d’une grande partie des classes bilangues et l’apprentissage de la deuxième langue vivante dès la 5e.

Faute d’efforts côté formation, le ministère de l’Education nationale « se donne presque les moyens de rater sa réforme », a soupiré M. Sève.

Interrogé sur la grève prévue le 17 septembre par les syndicats hostiles à la réforme, il a jugé « difficile » d’en prévoir l’ampleur. Mais il estime que le contexte est semblable à celui du dernier appel à la grève, le 11 juin, qui s’était soldé par une mobilisation mitigée (12% de grévistes dans les collèges publics selon le ministère, un tiers selon les syndicats organisateurs).

Le syndicat a par ailleurs lancé une alerte sociale –demande d’ouverture de négociations sur une liste de revendications — pour exiger une hausse de la prime dite ISAE (créée par l’ancien ministre Vincent Peillon) des professeurs des écoles, au niveau de celle perçue par les enseignants du secondaire.

Cette prime ISAE est de 400 euros annuels, tandis que la prime des professeurs des collège et lycée est de 1.200 euros. Augmenter l’ISAE pour les 366.000 instituteurs coûterait 293 millions d’euros, a calculé le syndicat, qui rappelle que la rue de Grenelle dispose d’un budget indemnitaire de 500 millions d’euros.

La rémunération des enseignants, est revenue au premier plan ces derniers jours. Alain Juppé, candidat à la primaire à droite pour la présidentielle, a proposé une hausse de 10% des salaires des enseignants, tandis que le président François Hollande a demandé cette rentrée au ministère des Finances de travailler « sur l’attractivité du métier ».

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