Anime Histoire : plusieurs classes, plusieurs continents, un seul récit

Anime Histoire est un projet collaboratif d'écriture d'un récit qui réunit plusieurs classes sur différents continents. Chaque classe écrit une partie et crée une animation.

Les 6e années de Karine Richard, à l'école de Saint-Jérôme, Québec.

Les 6e années de Karine Richard,  à l’école primaire de Saint-Jérôme, Québec.

Julie Chandonnet et Karine Riley sont enseignantes au primaire, dans 2 écoles du Québec. Avec leurs 5e années (CM2 en France) respectives, elles se sont lancées dans un projet original : l’écriture d’un récit réunissant plusieurs classes, sur plusieurs continents.

Le projet Anime Histoire est né lors du congrès REFER (Rendez-vous des écoles francophones en réseau), en mars 2014. “Nous cherchions un projet pour faire collaborer des classes du 3e cycle. Nous avons choisi le thème de l’écriture”, se souvient Karine Riley.

Sur Twitter, les enseignantes ont rapidement « recruté » des « twittclasses » intéressées.

5 classes, 5 parties du récit

Anime Histoire a pour but d’apprendre aux élèves à dissocier les différentes parties d’un schéma narratif (situation initiale, évenement déclencheur, péripéties, dénouement, situation finale). La première édition du projet, qui a eu lieu en mai 2015, a réuni 30 classes, au Canada, en France, et au Liban, une école francophone de Bchamoun, près de Beyrouth se joignant au programme. “Les classes sont regroupées en groupes de 5 classes. Chacune se voit confier une partie du récit à réaliser”, explique Julie Chandonnet.

La twittclasse de CM1 du Collège Franco Libanais Elite de Beyrouth.

La twittclasse de CM1 du Collège Franco Libanais Elite de Bchamoun, près de Beyrouth.

Par exemple, la classe B sera chargée d’écrire l’élément déclencheur. Elle recevra, sur Google Drive, la situation initiale, rédigée par la classe A, qu’elle devra transformer en un court film d’animation. Une fois son propre texte écrit, elle devra le transmettre à la classe C, qui réalisera à son tour un film d’animation et la partie suivante du schéma narratif. “A la fin, on regroupe les 5 parties. On obtient un récit écrit et animé”, note Karine Riley.

Films d’animation, Twitter et réalité augmentée

“Les enseignants qui participent sont obligés de sortir de leur zone de confort. Ils ont la liberté de créer le film de leur choix : à eux de trouver la méthode permettant d’animer la partie du récit reçue par leur classe”, remarque la professeure des écoles québecoise. Parmi les outils les plus utilisés : iMovie, Powntoon et Green Screen. Parfois, “ce sont les élèves qui racontent l’histoire, ou alors c’est l’enseignant qui enregistre sa propre voix”, indique l’enseignante.

Les 5e années de Manon Légaré, l’école l’Apprenti-Sage, Québec.

Les 5e années de Manon Légaré, à l’école l’Apprenti-Sage, ville de Québec.

Les animations sont ensuite intégrées dans une application de réalité augmentée, Aurasma, qui permet de visionner chaque vidéo en passant sa tablette ou son smartphone au dessus du texte qui lui est lié. “Cela permet aussi aux enseignants d’acquérir de nouvelles compétences dans ce domaine”, note Karine Riley.

Les classes de chaque équipe étant amenées à collaborer, élèves et professeurs ont appris à utiliser Twitter comme outil de communication. “Les enseignants utilisent aussi Google Drive, des documents étant partagés entre les classes”, explique Julie Chandonnet.

Collaboration entre classes et motivation

L’institutrice québecoise remarque qu’au sein de sa propre classe, “un sentiment d’appartenance à une équipe est né. Il était important pour mes élèves de rendre un texte parfait, parce qu’il allait être lu par d’autres enfants”. Ainsi, “écrire pour d’autres élèves, pour un vrai public, s’est avéré beaucoup plus motivant pour eux, que de le faire pour leur professeur”, ajoute-t-elle.

L'équipe des mauves et leur récit : "le fantastique printemps de Philéon" /  #AnimeHistoire

L’équipe des mauves et leur récit : « le fantastique printemps de Philéon » / #AnimeHistoire

Le fait de “devoir s’assurer qu’ils avaient bien compris le texte qu’ils reçoivent, pour ensuite le transformer en une animation vidéo favorise aussi tout un travail autour de la lecture », remarque Karine Riley. En outre, “pour écrire leur partie du récit, mes élèves ont dû revoir des leçons de grammaire et d’orthographe”.

Les fondatrices d’Anime Histoire remarquent que la collaboration entre classes favorise le développement de “compétences transversales”. Ainsi, “mes élèves sont allés voir les cartes des pays des autres twittclasses, travaillant leur géographie et les notions de fuseaux horaires”, explique Karine Riley.

« Les murs de nos classes disparaissent »

“Les murs de nos classes disparaissent. Les élèves s’ouvrent sur le monde, le projet attise leur curiosité. Ils se rendent compte qu’il existe d’autres cultures, que tout n’est pas pareil partout”, ajoute Julie Chandonnet. L’enseignante remarque enfin qu’Anime Histoire “a donné le goût de l’écriture” à certains de ses 5e années :  “après le projet, ils ont voulu repartir de l’histoire pour en inventer une autre”.

L’année dernière, Anime Histoire a réuni 30 classes, pendant trois semaines. Du 21 septembre au 30 octobre 2015, la seconde édition mobilisera plus de 40 classes francophones – en France, au Québec, mais aussi en Belgique et aux Etats-Unis.

Ouverte uniquement au 3e cycle lors de sa première édition, Anime Histoire, soutenue par le REFER  au Québec et le Réseau Canopé en France, s’ouvre désormais à l’ensemble du primaire – les équipes seront formées selon le degré d’âge.

Les récits écrits par les équipes de la première édition d’Anime Histoire sont à retrouver (format PDF) sur le site du projet.

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