Constitution des classes en secondaire : « le hasard intervient peu » (Cnesco)

Le Cnesco et le SNPDEN publient une étude sur les mixités sociale et scolaire au collège et au lycée. Cette enquête analyse le "processus de constitution" des classes.

examen au college

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Comment les classes se constituent-elles, dans le secondaire ? C’est le sujet d’une étude du Cnesco (Conseil national d’évaluation du système scolaire) et du syndicat des chefs d’établissement (SNPDEN), publiée ce mardi.

Selon le Cnesco, qui avait dévoilé en mai une étude sur la mixité sociale dans le secondaire, les classes de niveau, interdites depuis 1975, existent dans 1 collège sur 2. D’où l’importance de comprendre quel est le rôle du chef d’établissement dans la composition d’une classe, et quels critères sont pris en compte.

Classes de niveau contre classes variées

classe de lycée

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Selon l’étude, relayée par Libération, principaux et proviseurs « adhèrent largement aux principes généraux de diversités sociale et scolaire au sein des classes ». Mais ces derniers sont aussi peu « à considérer que l’enseignement est plus efficace dans une classe scolairement et/ou socialement variée ».

Ainsi, seuls 51% des principaux et des proviseurs pensent que les enseignants sont plus efficaces dans une classe où les niveaux des élèves sont variés – 18% pensent même l’inverse.

Peu de place au hasard

Le hasard « intervient peu dans la constitution des classes », note le Cnesco. Ainsi, les chefs d’établissements prennent en compte de nombreux critères, comme les options, les profils scolaires et la mixité filles-garçons. A noter qu’au collège, la moitié des principaux se soucient de « conserver les groupes d’amis » au sein des classes – parfois au détriment de la mixité.

Les « problèmes comportementaux des élèves » constituent en outre un » critère de choix ». Comme l’explique Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, à Libération, les élèves « difficiles » sont répartis dans un maximum de classes, pour éviter de former des « classes ingérables ».

Selon l’enquête, le profil du chef d’établissement « peut avoir son importance ». Les plus expérimentés semblent « prendre moins en compte » la diversité culturelle, comparé aux « débutants ». Ce sont d’ailleurs ces « expérimentés » qui sont « le plus enclins », avec les « femmes débutantes », à répondre favorablement aux demandes des familles, qui sont plus nombreuses au collège qu’au lycée.

Réforme du collège : les EPI pourraient « freiner la mixité »

Lors de sa présentation de l’étude à la presse, relayée par Libération, Philippe Tournier n’a pas caché son inquiétude vis-à-vis de la réforme du collège, qui pourrait « freiner la mixité » des classes, en ajoutant aux critères de constitution des classes, une contrainte « organisationnelle d’emploi du temps » liée aux EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires).

Ainsi, « laisser le choix aux élèves » entre plusieurs enseignements « est considéré comme une richesse pédagogique », mais « limite aussi la fluidité des élèves », indique le secrétaire général du SNPDEN.

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