Salaires : « la crise de recrutement prouve l’urgence d’une revalorisation » (Snes-FSU)

Le Snes-FSU dénonce de fortes inégalités de salaires entre les enseignants du second degré. La cause : les heures supplémentaires, dont le syndicat "revendique le refus".

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Enseignant © Estudi M6 – Fotolia.com

Le 26 août, le Snes-FSU avait dénoncé une « faiblesse des salaires » des enseignants du second degré, qui « contribue à la crise de recrutement ». Le syndicat poursuit son raisonnement : dans un communiqué, il explique l’origine des inégalités de rémunérations entre professeurs.

Selon le Snes-FSU, les enseignants français ont un salaire « plutôt plus faible que celui des pays de l’OCDE ayant un niveau de développement comparable ». Le syndicat note aussi un « décrochage des enseignants par rapport aux fonctionnaires de catégorie A » et « des situations fortement inégalitaires entre enseignants », qu’ils soient certifiés, PEGC ou agrégés.

Heures supplémentaires : des « inégalités d’accès »

Pour le Snes-FSU, les heures supplémentaires (HS), qui représentent 50% des primes dans le second degré, seraient à l’origine de ces inégalités. « Elles jouent un rôle discriminant fort entre les agents », indique-t-il.

enseignant collège

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« Lees effets discriminants sont très forts, 30% des professeurs, plutôt des femmes, ne percevant pas d’HS. Les heures supplémentaires sont plus fréquentes dans certaines situations professionnelles : professeurs de classe préparatoires ou professeurs des disciplines technologiques par exemple », écrit le Snes-FSU.

Selon le syndicat, les « inégalités d’accès aux heures supplémentaires » sont fortes, « au détriment des femmes, des jeunes et des professeurs certifiés ». Et de noter que « des « catégories entières de personnels n’y ont pas accès : documentalistes, CPE, conseillers d’orientation-psychologues ».

« Une crise de recrutement aiguë »

Le Snes-FSU « revendique le refus des heures supplémentaires, sous-payées par rapport aux emplois ». Mais pour cela, il faudrait, indique le syndicat, « pouvoir recruter encore plus massivement, alors que l’éducation nationale traverse une crise de recrutement aiguë, en particulier dans le second degré ».

Ainsi, en juillet 2014, « faute de candidats », 25 % des postes offerts au CAPLP (concours externe d’accès au corps des professeurs de lycée professionnel) et 22 % des postes offerts au CAPES n’ont pas été pourvus. « Il y a fort à parier que l’institution continue à imposer aux collègues du travail supplémentaire, pour palier la pénurie d’agents », écrit le Snes-FSU.

Le syndicat déplore enfin une « baisse du pouvoir d’achat, fortement ressenti dans tous les corps d’enseignants », qui constitue un « obstacle à sa revendication » de refus des heures supplémentaires.

« Revaloriser le métier » d’enseignant

Pour « revaloriser » le métier d’enseignant du second degré, le Snes-FSU demande la multiplication par deux de l’ISOE (indemnité de suivi et d’orientation des élèves). L’organisation demande aussi que la valeur du point d’indice (qui sert de base au calcul des salaires), gelé depuis 2010, “soit revalorisée, au moins au niveau de l’inflation”.

Ce lundi 31 août, Najat Vallaud-Belkacem a estimé sur France Inter, qu’il n’y avait « pas de crise des vocations ». Selon la ministre, « au contraire », il y aurait « un enthousiasme énorme chez ceux qui s’engagent dans le métier d’enseignant ».

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