Camp humanitaire à Calais: une avancée, mais peut mieux faire (associations)

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La perspective d’un « camp humanitaire » de 1.500 places à Calais en 2016, annoncée lundi par Manuel Valls, est une « avancée », mais le gouvernement peut mieux faire, estiment des associations.

Pour Véronique Devise, la présidente du Secours catholique du Pas-de-Calais, l’annonce du Premier ministre est une « avancée », et « c’est une très bonne chose que l’Europe prenne conscience qu’il y a une urgence humanitaire aux frontières ».

Mais la responsable s’interroge: « Il y a 3.500 personnes sur la jungle, je ne sais pas comment ils vont gérer la mise à l’abri de certains et pas d’autres. Comment dire à l’un +toi tu seras à l’abri+ et à l’autre +tu restes dehors par -5 degrés+? »

C’est pourquoi selon elle, « il aurait presque fallu trouver un autre lieu, ailleurs. Mettre le camp humanitaire au même endroit signifie qu’ils vont devoir gérer des tensions énormes ». Mêmes interrogations pour Thierry Benlahsen, responsable de l’équipe d’urgence à Solidarités international: « L’ouverture est prévue à partir de 2016. Qu’est-ce qui se passe entre-temps? Il faut urgemment une réponse. L’hiver risque d’être catastrophique ».

« Et 1.500 places pour quoi faire? Il ne faut pas seulement les héberger mais les orienter, les accueillir, les aider dans leurs démarches d’asile. Si c’est un nouveau Sangatte, ça ne va pas être opérationnel. Il faut que les personnes soient traitées au cas par cas », renchérit Antoine Osbert, responsable des missions sociales au Secours islamique France.

En ce qui concerne les modalités pratiques, Mme Devise se dit « déçue ». « J’espérais que Manuel Valls allait annoncer le doublement de l’hébergement pour les femmes et des enfants » « Une bonne centaine de femmes vivent sur la jungle et il n’y a même pas de protection, or c’est essentiel. Tout le monde sait qu’il y a des réseaux de prostitution qui se développent, de la violence, de la maltraitance existent ».

Si les ONG avaient plaidé pour des solutions humanitaires, certaines questions restent en suspens, soulève Antoine Osbert, comme le terme de « campement humanitaire » utilisé par le Premier ministre. « On ne sait pas vraiment ce que les autorités mettent dedans. Quid des services de santé? Quid des structures d’assainissement? ».

La pression migratoire est très forte à Calais, point de passage le plus proche vers la Grande-Bretagne depuis le continent européen, qui attire depuis des années les clandestins espérant trouver l' »eldorado » outre-Manche. Environ 3.000 migrants, essentiellement des Érythréens, des Éthiopiens, des Soudanais et des Afghans, sont recensés dans la région de Calais.

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