De nombreux écoliers zappent le petit-déjeuner : la collation du matin de retour ?

Chaque jour, 3 élèves par classe arrivent à l'école sans avoir mangé leur petit-déjeuner. Ce qui n'est pas sans conséquence sur leur santé et leur concentration.

back to school © M.studio

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Repas devant représenter 20 à 25% des besoins énergétiques de la journée, le petit-déjeuner est essentiel pour permettre aux enfants d’apprendre sereinement. Pourtant, il est bien trop souvent laissé de côté par les écoliers.

Alors que la rentrée approche à grands pas, une étude du CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie),  réalisée en milieu scolaire au printemps 2015, montre que le nombre d’élèves entamant la journée sans avoir pris leur petit-déjeuner est en augmentation depuis 5 ans.

47% des 540 professeurs des écoles consultés ont constaté que certains de leurs élèves zappent le repas du matin. En moyenne, selon le CREDOC, entre 3 et 4 écoliers par classe entrent en classe le ventre vide… quasi quotidiennement.

教室の机で退屈そうにしている小学生男子 © paylessimages

教室の机で退屈そうにしている小学生男子 © paylessimages

D’après l’étude, ce phénomène est encore plus marqué dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP +), où 5 élèves par classe sautent le petit-déjeuner, plusieurs fois par semaine.

Manque de concentration et déséquilibre alimentaire

Rester à jeun toute la matinée a des conséquences néfastes chez l’enfant. Les professeurs consultés par le CREDOC constatent que 82% des enfants qui boudent le petit-déjeuner sont fatigués, que 83% d’entre eux sont moins concentrés et attentifs, et que 61% sont moins participatifs en classe.

La fatigue et le manque de concentration qui résultent de cette mauvaise habitude entraînent chez l’élève, quasi somnolent, des difficultés à comprendre le cours. Au point « qu’il risque de décrocher au niveau des résultats scolaires », indique le nutritionniste Arnaud Cocaul, au micro de RTL.

En outre, sauter ce repas quotidiennement peut entraîner un déséquilibre alimentaire. « A partir de 9 ou 10 heures, je commence à avoir faim, et le midi quand il y a quelque chose que j’aime bien, je me jette dessus, et il faut que je me retienne pour ne pas trop manger », explique ainsi Léa, en CM2, à RTL.

Coucher trop tardif et crise

HolgersFotografie  / Pixabay / Licence CC

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Laurence Plumey, médecin nutritionniste interrogée par Le Parisien, pointe du doigt des parents peut être un peu trop laxistes, notamment en ce qui concerne l’heure de coucher (trop tardive) de leurs enfants : « le petit-déjeuner est une victime collatéral du manque de sommeil : il y a environ 30 minutes à 1 h de manque de sommeil selon l’âge, et pour un enfant cela peut être énorme ».

Au sein des familles en difficulté financière, la raison serait à chercher ailleurs. Selon Pascale Hébel, directrice du CREDOC, ce phénomène s’explique ainsi par la crise : « les familles en difficulté rognent sur ce repas pour tenter de préserver les autres », indique-t-elle à 20 Minutes.

Le retour de la « collation du matin » ?

Dans Le Parisien, Jean-Michel Cohen, nutritionniste, conseille aux parents de « glisser une petite collation » dans le sac des enfants qui zappent le petit-déjeuner. « Une tranche de pain grillé avec du fromage dedans, une petite brique de jus d’orange, ou une banane, c’est parfait », remarque-t-il.

© Prod. Numérik - Fotolia.com

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Ce « casse-croûte » du matin était autrefois une habitude répandue chez de nombreux parents, remontant aux années 1950, quand il s’agissait de pallier aux carences caloriques et calciques des enfants de l’après-guerre.

Mais face à l’augmentation de l’obésité chez les enfants, cette fameuse « collation de 10h » a recueilli en 2004 un avis défavorable de la part de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail).

Selon l’agence, cette collation n’est souhaitable que si elle vise à pallier les insuffisances d’apports en nutriments causés par un petit-déjeuner trop pauvre, pris trop tôt, ou absent. Mais cette pratique ne doit pas être « systématique« , car elle ne « constitue pas dans ce cas, une réponse adaptée » à l’absence, dans la durée, de petit déjeuner.

Une collation quotidienne risquerait d’entraîner « un déséquilibre de l’alimentation et une modification des rythmes alimentaires des enfants », indique l’ANSES.

Malgré tout, pour les enfants sauteurs de petit-déjeuner, l’agence recommande aux établissements scolaires de proposer une collation lors de l’arrivée des enfants à l’école (avant le cours), ou au minimum 2 h avant le déjeuner – en privilégiant le pain, les fruits et le lait demi-écrémé non sucré.

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