C’est l’été, soyez stages !

Direction Reims pour un coup de projecteur sur les stages de langues destinés aux lycéens organisés pendant les vacances scolaires.

Sprechen Sie Spanisch?

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Pour aider les lycéens des voies générale, technologique et professionnelle à améliorer leur pratique orale des langues étrangères, depuis 2008, les académies sont invitées par le ministère de l’Éducation nationale à mettre en place des stages intensifs et gratuits.

« À l’origine, le ministère a créé ce dispositif pour l’anglais, mais ces stages peuvent être proposés pour d’autres langues si les demandes sont suffisantes », précise Nathalie Pierret, inspectrice pédagogique régionale d’anglais de l’académie de Reims. En Champagne-Ardenne, les sessions dans la langue de Shakespeare sont organisées depuis six ans, celles dans l’idiome de Cervantes depuis deux ans.

Dans toutes les académies, le principe est le même : les stages durent cinq jours, à raison de trois heures quotidiennes, et sont organisés lors de chaque période de vacances scolaires. Pour les congés d’été, une session a lieu début juillet, juste après les cours, l’autre fin août, juste avant la rentrée scolaire, histoire de commencer l’année du bon pied.

Dans l’académie de Reims, l’an passé ce sont 32 stages d’anglais qui se sont déroulés dans 27 établissements au profit de 92 élèves, encadrés par 45 intervenants (certains animant plusieurs stages). Pour l’espagnol, 4 stages ont été organisés pour 48 élèves.

« Ces cours facultatifs répondent à une demande importante des familles, ajoute l’inspectrice pédagogique. Celles-ci sont parfaitement conscientes que maîtriser au moins une langue étrangère est essentiel pour la suite du cursus de leurs enfants. »

En ce qui concerne les intervenants, le ministère fait preuve d’ouverture. Outre les enseignants, les assistants d’anglais, les assistants pédagogiques, les étudiants étrangers et les « locuteurs natifs » sont les bienvenus. « Chez nous, précise Nathalie Pierret, nous privilégions les enseignants certifiés ou agrégés de notre académie, mais nous avons aussi quelques assistants de langues et des anglophones. »

Motiver… les enseignants

Ces stages apportent-ils quelque chose aux élèves et sont-ils également intéressants pour les enseignants ? À Reims, personne n’en doute. « Les groupes dépassent rarement les 15 élèves et ce petit nombre permet à tous, même les plus timides, de lever leurs inhibitions, analyse Françoise Quesada, inspectrice pédagogique régionale d’espagnol. D’ailleurs aucun élève n’a jamais abandonné un stage entamé… même s’il avait été un peu ‘contraint’ à s’y inscrire par ses parents ! »

Mickael Hazouard est professeur d’espagnol dans un collège d’Aix-en-Othe. L’enseignant est un « bon élément » du dispositif puisqu’il a participé à toutes les sessions organisées par son académie depuis l’origine. Pour lui qui rêve d’un poste en lycée, c’est une manière de se confronter, enfin, à des élèves plus âgés. « D’un point de vue pédagogique, c’est très enrichissant, assure-t-il. Les élèves n’ont pas la pression des notes et du regard de leurs copains habituels. L’ambiance est détendue et on travaille différemment. » En cinq jours, Mickael Hazouard fait réaliser un journal télévisé à ses stagiaires. Une mission qui leur semble impossible au premier jour de cours, mais dont le résultat les remplit de fierté le cinquième. « Je les place dans des situations de communication réelles, sans recours aux supports écrits traditionnels. Ils sont plus sollicités, l’échange est plus individualisé, plus ludique et plus facile. Autant d’expériences qui nourrissent mes cours pour le reste de l’année. »

Tiffany Bourdeau n’enseigne l’anglais que depuis un an, en Premières, Seconde et Terminale, et elle n’a pas hésité à se lancer dans l’aventure pour la première fois cet été. Et si elle ne cache pas que l’attrait financier n’est pas négligeable, ces heures étant payées en heures supplémentaires, sa première motivation est de découvrir une autre façon d’enseigner. « Les impératifs du bac, particulièrement avec mes Terminales, me laissent peu de marges pour expérimenter ou mettre en avant leur côté créatif. Ici, je fais concevoir aux adolescents une publicité qu’ils tournent et montent avec leurs Smartphones. Ils réagissent évidemment avec plus d’enthousiasme à ce type de proposition que lorsqu’il s’agit d’étudier un texte ! »

Même si certains inscrits « oublient » de participer, la demande est forte chez les lycéens. L’enjeu pour les académies est de recruter assez d’intervenants pour pouvoir assurer les sessions.

Tiffany Bourdeau et Mickael Hazouard assurent que ces stages ont « bonne presse » chez leurs collègues. « Ils y sont tous très favorables… mais pour les autres !, tempère en souriant le professeur d’espagnol. En fait, mes confrères sont ravis de m’envoyer des élèves motivés, mais beaucoup n’envisagent pas, eux-mêmes, de sacrifier un peu de leurs vacances pour assurer les cours ! » Pour tenter de les convaincre, Mickael Hazouard leur vante le rapport privilégié qui se développe ses élèves. « D’ailleurs, alors que je ne les ai eus que cinq jours avec moi, je garde souvent des contacts avec eux. Je cherche à savoir s’ils ont réussi leur examen ou leur passage en classe supérieure, etc. »

Il faut dire que des élèves qui ne demandent qu’à apprendre, c’est un peu le rêve de tout professeur !

 

Olivier Van Caemerbèke

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