Salaires des fonctionnaires : un geste « insuffisant », selon les syndicats enseignants

Alors que les négociations sur la revalorisation du traitement des fonctionnaires se poursuivent ce jeudi, en vue d’un accord en septembre, les principaux syndicats enseignants estiment que le compte n’y est pas.

salaire enseignant

© goir – Fotolia

Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, l’a annoncé le 16 juin dernier  : les fonctionnaires verront leur traitement revalorisé, en début et en fin de carrière, à partir de 2017. Cette revalorisation des grilles salariales concernent les trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière) et les trois catégories (A, B et C), soit environ 5 millions de fonctionnaires dont un peu plus de 700 000 enseignants. Concrètement pour un professeur, le coup de pouce s’élèverait à 74 euros brut par mois  en début de carrière et 134€ mensuels en fin de carrière. De quoi satisfaire les principaux intéressés ? Pas vraiment.

« Une remise à plat de l’évolution des carrières »

Frédérique Rolet, secrétaire nationale du Snes-FSU, premier syndicat du second degré, juge la proposition « insuffisante », notamment pour susciter un regain d’intérêt pour la profession, dans un contexte où le CAPES peine à faire le plein. « Nous allons pousser pour que la valeur du point d’indice (qui sert de base au calcul des salaires) soit relevée, afin de renforcer le pouvoir d’achats des enseignants », assure-t-elle. Le gel, depuis juillet 2010, du point d’indice ne devrait pourtant pas être remis sur la table des négociations avant le « rendez-vous salarial », évoqué par la Marylise Lebranchu au printemps 2016. « Nous demandons une remise à plat de l’évolution des carrières », insiste Frédérique Rolet, « les enseignants représentent le seul corps où il y a des temps de passage d’échelon supérieur à 4 ans. Une accélération des débuts de carrière, et ensuite un rythme unique de progression sont souhaitables. »

Pour le syndicat Sgen-CFDT, décrocher un rendez-vous salarial est déjà « une conquête ». « 74 euros mensuels pour rendre le métier plus attractif, c’est trop juste évidemment, d’autant qu’il y a d’autres paramètres à prendre en compte, tels que la qualité de vie, l’organisation du métier, les perspectives d’évolution de carrière… » commente Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT, « mais la proposition du gouvernement n’est pas à dédaigner. L’offre est incomplète mais des portes s’entrouvrent. Nous restons dans l’attente. »

« Entre ça ou rien, on préfère ça  !»

« Par les temps qui courent, cette proposition mérite d’être étudiée. Entre ça ou rien, on préfère ça ! », résume Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa. Néanmoins, « l’effort, reste mesuré », déplore-t-il. « Il ne correspond pas à la revalorisation, conséquente et qui doit s’inscrire dans la durée, attendue par les professeurs. » Il rappelle que parmi les pays de l’OCDE, le métier reste « mal rémunéré » en France : « 1600 euros en début de carrière, et à peine 2000 euros au bout de dix ans, c’est chiche ! » « Ce qui se passe en mathématiques est assez symptomatique », ajoute encore Christian Chevalier, « les titulaires d’un master 2 sont davantage séduits par les boîtes informatiques, qui leur proposent de meilleures perspectives, que par l’Education nationale. » Du côté de la CGT Educ’action, « le projet n’est pas satisfaisant ! », lance Patrick Désiré, secrétaire général du syndicat. « La hausse de salaire proposée est dérisoire au regard de la perte de pouvoir d’achat subie. Tous les syndicats demandent l’ouverture de la discussion sur la valeur du point d’indice. Quant au rendez-vous salarial, juste avant la présidentielle, c’est un peu gros… »

6 commentaires sur "Salaires des fonctionnaires : un geste « insuffisant », selon les syndicats enseignants"

  1. skorqa  9 juillet 2015 à 13 h 24 min

    D’autant que les salaires nets baissent chaque année d’environ 10 euros par mois, en valeur (sans meme parler d’inflation et de pouvoir d’achat). Ainsi, vous pouvez comparez la valeur en euros de votre salaire net avec la valeur que vous auriez perçu au meme échelon en 2010 (voir par exemple
    http://sgen5962.pagesperso-orange.fr/salaires.htm). Pour résumer, à echelon égal, votre salaire net en 2017 devrait etre d’environ 60 à 70 euros inférieur à votre salaire au meme échelon en 2010 …. L’ « augmentation » prévue en 2017, juste avant les présidentielles, devrait donc à peu près rétablir les salaires de 2010 (sans bien sur avoir suivi l’inflation).Signaler un abus

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  2. Fabrice  11 juillet 2015 à 7 h 02 min

    Oui, on peut toujours dire que cela n’est pas à la hauteur, qu’il faudrait plus, que cela ne rattrapera pas l’évolution du coût de la vie… Je suis d’accord avec tout cela.
    Néanmoins, les syndicats réformistes ont bien raison de s’engager en faveur de ce projet. Personnellement, cela fait 15 ans que je suis dans ce métier et je n’ai jamais obtenu de revalorisation de cette ampleur !
    Alors continuez à critiquer !!!Signaler un abus

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    • delphine  19 juillet 2015 à 22 h 23 min

      mais tu ne la toucheras même pas , tu es considéré certainement comme un milieu de carrière…!Signaler un abus

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  3. dubois  17 juillet 2015 à 12 h 33 min

    Et les milieux de carrière? Ils vont toucher quelque chose ou pas?Signaler un abus

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  4. delphine  19 juillet 2015 à 22 h 21 min

    Et voilà encore une revalorisation que je toucherai pas puisqu’en 2017, je n’aurai « que 19 ans » de carrière – cela ne va donc pas me concerner d’après ce que je viens de lire : début et fin de carrière! … pourquoi instaurer de l’inégalité entre collègues ! Depuis que j’ai démarré je n’ai jamais connu que des baisses de salaire… c’est un métier où on se donne à 150 o/o, on n’est très peu reconnu. C’est vraiment dommage ,de quoi dégouter certains du métier.Signaler un abus

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  5. modigliani  23 juillet 2015 à 11 h 53 min

    Raison de plus pour ne plus  » se donner à 150% » comme vous le soulignez, à fortiori depuis la réforme des rythmes scolaires qui épuise tout le monde (enfin ceux qui doivent la subir : les enfants et les PE !!!)Signaler un abus

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