CLIC 2015 : « la classe inversée ne va pas de soi »

Les 3 et 4 juillet, s'est tenu le premier "congrès national sur la classe inversée". Catherine Becchetti Bizot, directrice du numérique éducatif au MENESR, rappelle que ce système nécessite "un projet pédagogique bien construit".

Le premier « Congrès national sur la classe inversée » – CLIC 2015 / Photo Twitter / Olivier Quinet

Le premier « Congrès national sur la classe inversée » – CLIC 2015 / Photo Twitter / Olivier Quinet

La classe inversée séduit de plus en plus d’enseignants, intéressés par ce système qui consiste à déplacer le temps « magistral » du « cours » à la maison, et celui des « exercices » à l’école. Les 3 et 4 juillet, à Paris, l’association Inversons la classe a organisé le premier « Congrès national sur la classe inversée » – baptisé « CLIC 2015 ».

Un événement qui a réuni 200 professeurs, autour d’une cinquantaine de pionniers, comme Olivier Quinet, professeur d’histoire-géo, que nous avons déjà interviewé dans le cadre de notre dossier sur le sujet.

Élèves en difficulté : « leur niveau s’est amélioré »

Quel est l’impact de la classe inversée ? Selon Inversons la classe, qui a réalisé un sondage auprès de 90 professeurs pratiquant ce modèle pédagogique, les élèves sont plus autonomes, plus motivés et ont de meilleures notes.

Selon Héloïse Dufour, présidente de l’association, « les résultats sont moins tranchés pour les bons élèves auprès de qui la méthode n’aurait pas d’impact sur les notes ». Mais concernant les élèves en difficulté, « 50 % des enseignants disent que leur niveau s’est amélioré », a-t-elle indiqué lors du CLIC 2015.

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Les enseignants aussi seraient davantage épanouis grâce à la classe inversée. Ainsi, selon une enquête en ligne réalisée par Inversons la classe, 99% des enseignants « considèrent que la classe inversée a un impact très positif sur leur satisfaction au travail ». Selon AEF, qui a relayé l’événement, « 97,7 % des professeurs déjà impliqués dans une classe inversée veulent poursuivre l’an prochain. »

« L’autonomie se construit »

Intervenant lors du CLIC 2015, Catherine Becchetti Bizot, directrice du numérique éducatif (DNE) au ministère de l’Éducation nationale, s’est réjouit du développement de la classe inversée, qui serait selon elle « l’aboutissement du mouvement ancien des pédagogies actives ».

Mais la DNE prévient : « la classe inversée ne va pas de soi pour tous les élèves. L’autonomie, cela se construit, de même que la réflexion et la distance critique. Cela peut mettre en échec des élèves s’ils n’ont pas les bons repères et ne sont pas accompagnés dans la démarche », constate-t-elle.

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« Les plus de la classe inversée » / CLIC 2015 / Photo Twitter / Mserret Doc

Puisque « l’outil seul ne suffit pas », et qu’il « doit surtout être intégré dans un projet pédagogique bien construit », Catherine Becchetti Bizot ne cache pas son souhait de « stimuler l’offre de ressources numériques produites par des enseignants mais aussi par les opérateurs comme Canopé, le Cned ou l’Onisep ».

« De nouvelles compétences à acquérir » pour les profs

La DNE constate en outre que pour les enseignants eux-mêmes, la classe inversée « ne va pas sans effets collatéraux ». Ainsi, note-t-elle, « il faut un plus grand temps de préparation des cours et une plus grande disponibilité pour ses élèves, et donc une exigence plus grande par rapport à sa propre pédagogie. »

Se lancer dans la pédagogie inversée nécessite l’acquisition « de nouvelles compétences, techniques et pédagogiques, nécessitant de la formation », remarque Catherine Becchetti-Bizot. Et d’annoncer, pour la rentrée 2015, un « plan de formation exceptionnel dans les académies », avec « au moins 3 jours » de formation au numérique par enseignant.

Car, estime la DNE, « créer une vidéo, maîtriser des outils de gestion de classe, produire ses propres ressources, évaluer des élèves dans une logique de portfolio… ce ne sont pas des compétences traditionnelles. »

Résumé en vidéo des ateliers de Marie Soulié, professeure de français au collège Daniel Argote d’Orthez, lors du CLIC 2015.

La ‘flipped classroom‘ concerne le primaire comme le secondaire, et peut faire l’objet d’un grand nombre d’applications pédagogiques. Cet article fait ainsi partie d’un vaste dossier sur la classe inversée, à découvrir !
Source(s) :
  • AEF

1 commentaire sur "CLIC 2015 : « la classe inversée ne va pas de soi »"

  1. Héloïse Dufour  7 juillet 2015 à 11 h 11 min

    Si vous avez expérimenté la classe inversée, pour quelques séances ou pour quelques années, donnez votre avis sur cette expérience et en 2 minutes contribuez à l’enquête mentionnée dans l’article ici :
    https://docs.google.com/forms/d/1Hj4WV2t1b7aEtu3NCf3BMEkiwweDVEA2zLNT6P2IZqA/viewformSignaler un abus

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