« Yes we Kant! »: les profs de philo sont en colère

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« Je pense donc je suis en colère »: une petite centaine de professeurs de philosophie se sont rassemblés vendredi devant le ministère de l’Education nationale pour protester contre une dégradation des conditions d’enseignement de cette matière, essentielle selon eux à la formation des citoyens de demain.

Brandissant des banderoles « Yes we Kant! », référence au « Yes we can » de Barack Obama, ou « Je pense donc je suis en colère », clin d’oeil à Descartes, les manifestants ont protesté contre les conséquences de la réforme Chatel de 2010, qui selon eux « met en jeu la survie » de l’enseignement de la philo.

Avant cette réforme, les élèves en terminale technologique avaient deux heures de philo par semaine, dont une heure en demi-classe. Les terminales scientifiques (S) avaient trois heures hebdomadaires dont une en demi-groupe.

Avec la réforme, qui a accru l’autonomie des lycées, deux-tiers des dédoublements ont été supprimés, indique le Collectif des professeurs de philosophie, soutenu par un appel des universitaires pour la défense de la philosophie dans le secondaire, l’association des professeurs de philosophie (APPEP) et plusieurs syndicats, dont le SNES-FSU.

Quant aux terminales littéraires (L), qui bénéficient de huit heures de philo par semaine, le nombre d’élèves dans cette série baisse d’année en année, regrettent-ils.

Conséquences: les professeurs doivent initier en un an des classes de 35 élèves à des concepts pas toujours aisés, et se retrouvent, en raison de la baisse du nombre d’heures, à exercer à cheval sur plusieurs établissements.

« On voit que les élèves sont disposés à réfléchir, mais c’est difficile dans des conditions aussi peu favorables », indique Eléonore Lepastier, qui enseigne dans le Val-de-Marne. Pourtant, rappelle le collectif, la philosophie a pour objectif d’apprendre aux enfants à penser par eux-mêmes et construire leur propre jugement de manière critique. Une capacité plus que jamais nécessaire aujourd’hui, estime-t-il.

« Nos revendications ne datent pas d’aujourd’hui mais c’est la première année où nous rencontrons autant d’échos chez les collègues », déclare Stéphane Rey, professeur en Seine-et-Marne.

Le Collectif réclame notamment le retour aux classes dédoublées pour une partie des cours et la fin de cours communs à des terminales littéraires (L), scientifiques (S) et économiques (ES) parfois instaurés –pour des raisons d’économies selon lui.

L’enseignement de la philo est obligatoire en France pour les élèves de terminale technologique et générale et figure parmi les épreuves du baccalauréat. Souvent présentée comme une spécificité française, la philo est enseignée cependant dans nombre de pays européens, mais sous des formes différentes (histoire des idées, cours d’éthique…).

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