Réforme des programmes: accueil « favorable » des enseignants mais des points à revoir (ministre)

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Les projets de programmes pour l’école élémentaire et le collège, soumis à une consultation nationale, ont reçu « un accueil favorable » selon la ministre de l’Education, qui appelle cependant les concepteurs des nouveaux textes à « améliorer » leur lisibilité.

Le Conseil supérieur des programmes (CSP), présidé par le géographe Michel Lussault, doit à présent revoir sa copie, comme initialement prévu, et remettre à Najat Vallaud-Belkacem sa nouvelle proposition la première semaine de septembre, indique le ministère jeudi.

Le site de la consultation sur les programmes a reçu 210.000 visites, avec quelque 40.550 questionnaires remplis. Une précédente consultation sur le socle commun, qui avait prévu un temps de réunion entre les enseignants, avait recueilli les avis de plus de 136.000 d’entre eux.

La ministre présentera fin septembre « les projets stabilisés » devant le Conseil supérieur de l’éducation (CSE), instance consultative qui réunit la communauté éducative, pour une entrée en vigueur à la rentrée 2016.

Selon Najat Vallaud-Belkacem, les enseignants et les inspecteurs des premier et second degrés ont par exemple salué « l’articulation entre les programmes et le socle commun de connaissances, de compétences et de culture », « les niveaux de maîtrise attendus en fin de cycle » et « la place centrale donnée à la maîtrise de la langue, en particulier à l’oral ».

Mais il faut « améliorer la lisibilité du projet actuel »: homogénéiser la présentation en tableaux et l’articulation des programmes d’un cycle à l’autre, et entre les différentes disciplines au sein d’un même cycle.

Le parcours scolaire des enfants est divisé en cycles de trois ans (le cycle 3 par exemple comprend le CM1, CM2 et la 6e). C’est la première fois en France que les programmes ont été conçus par cycle et non par année.

– préciser la place des classiques –

Ces programmes étant « un outil de travail » pour les enseignants et « un outil de communication en direction des élèves et de leurs parents », « la clarté de la rédaction est essentielle », souligne la ministre de l’Education. Une réponse aux critiques visant le vocabulaire très technique de la première mouture, notamment en sport.

Autre point à préciser dans les textes, la place des classiques de la littérature pour la constitution d’une culture littéraire en cycle 3. Certains s’étaient émus de l’absence d’une liste de grands textes recommandés pour les cours de français.

Pour l’histoire et géographie, notamment au collège, la ministre estime « nécessaire » de « reconsidérer certains contenus », dont celui des Lumières. Ce thème étudié traditionnellement en quatrième était présenté comme optionnel dans la première mouture, ce qui avait provoqué des crispations.

Najat Vallaud-Belkacem rappelle que les programmes n’ont pas à détailler précisément leur mise en oeuvre, mais qu' »il faut rendre plus explicite leur contenu ». La synthèse de la consultation souligne également « la faiblesse des repères de progressivité » dans ces projets de programmes.

Les enseignants souhaitent que « soit précisée de manière systématique la contribution de chaque discipline » aux thématiques abordées dans le cadre des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), une des nouveautés introduites par la réforme du collège décriée par une partie des professeurs du secondaire en avril.

Ces enseignants redoutent une dilution de leur discipline dans ces EPI, au nombre de huit. Les collégiens doivent en suivre six sur huit.

Le ministère de l’Education mène de front deux réformes, toutes deux appelées à entrer en vigueur à la rentrée 2016: celle des programmes et celle du collège. Toutes deux, et notamment la réforme du collège, ont suscité de vives polémiques.

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