Il faut revoir la formation des instits, selon leur premier syndicat

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Plus de huit apprentis professeurs des écoles sur dix (82%) ne se sentent pas assez préparés pour être responsables d’une classe, selon une enquête du principal syndicat du primaire, qui demande mercredi la remise à plat de leur formation.

Près de deux ans après la création des Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé), le SNUipp-FSU a procédé en mai à une enquête en ligne, à laquelle ont répondu 1.244 professeurs des écoles stagiaires, issus de 28 académies sur une trentaine.

Deux tiers des répondants, qui ont réussi en 2014 le concours dit « rénové » des professeurs des écoles, ont enseigné cette année à mi-temps à l’école primaire tout en suivant leur deuxième année de master à l’Espé. Un quart, lauréats d’un concours exceptionnel organisé aussi en 2014, ont participé à un dispositif transitoire, enseignant à temps plein avec des possibilités de formation. Les autres répondants n’ont pas précisé leur situation.

Les Espé, créées par l’ancien ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon, ont ouvert à la rentrée 2013, avec la double volonté de rétablir une formation initiale des enseignants supprimée sous la droite et de permettre une « professionnalisation », autrement dit que les étudiants apprennent, outre leur discipline, à transmettre des connaissances, gérer une classe, comment enseigner à un enfant handicapé…

« Certes les stagiaires ne sont pas jetés dans le grand bain comme ce qu’on avait connu auparavant. Pour autant, cette année de formation initiale est jugée encore insatisfaisante », indique Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU.

Les répondants qui ont reçu une formation à l’Espé estiment qu’elle est « peu à pas satisfaisante » pour plusieurs domaines comme l’initiation à la recherche (75%), la pratique pédagogique et la gestion de classe, (69,1%), la connaissance de l’élève (67,3%)…

Parmi leurs principales difficultés, ils citent la gestion de l’hétérogénéité des élèves (69,5%) et la difficulté scolaire (59,6%).

Cette année où ils doivent à la fois terminer le master et enseigner à mi-temps « est jugée beaucoup trop lourde », indique l’enquête, pointant que 72% des répondants se disent « débordés », 63% « stressés ».

« On a découvert que le suivi et l’accompagnement étaient trop faibles », avec seulement une à trois visites des tuteurs pour 67% des enseignants stagiaires, souligne M. Sihr.

Il préconise d’étaler sur deux ans l’entrée dans le métier, avec une première année où les futurs professeurs étudieraient deux tiers du temps en Espé et enseigneraient un tiers temps, puis une deuxième année à mi-temps en Espé et en classe.

Lors d’une réunion des directeurs de ces écoles, la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem avait elle fait valoir mardi que « le retour de la formation initiale des professeurs » constituait « une des mesures les plus emblématiques de ce quinquennat ». Il faudra « sans doute apporter des réglages », avait-elle dit. Elle avait aussi évoqué la « nécessité d’avoir des concours plus professionnalisants », mais aussi de « relancer la recherche en sciences de l’éducation ».

« A l’automne, les enseignants stagiaires ont été un peu désemparés parce que tout n’avait pas été prévu. Par contre, on voit combien ils plébiscitent la réforme », selon Daniel Filâtre, président du comité de suivi des Espé.

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