Haute-Saône: un enseignant visé par une plainte d’une élève se suicide

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Un enseignant d’un lycée de Haute-Saône s’est suicidé début juin après avoir appris qu’il était visé par une plainte de la part d’une élève pour des faits datant de 2012, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

Ce professeur de Sciences et Vie de la Terre (SVT) d’une cinquantaine d’années était accusé par une ancienne élève, aujourd’hui âgée de 18 ans, d’avoir tenté de l’embrasser, a affirmé à l’AFP un enseignant de cet établissement situé dans la commune de Gray.

Le parquet n’a pas pu être joint lundi soir pour confirmer la nature des faits visés.

Le rectorat de l’académie de Besançon a indiqué que le procureur de la République avait été saisi le 2 juin « d’un dépôt de plainte pour des faits remontant à 2012 impliquant un enseignant du lycée Cournot de Gray », sans préciser la nature de ces faits.

Le jour même, « après toute une journée à faire passer des examens oraux de baccalauréat, il a été convoqué par l’administration de l’établissement », qui l’a informé des accusations portées à son encontre, ont indiqué des responsables syndicaux (SUD Education et Snes-FSU) du lycée.

L’enseignant a « dénoncé les faits reprochés », ont-ils ajouté dans un communiqué, déplorant qu’il n’ait pas été mis au courant au préalable de l’objet de sa convocation et qu’il n’ait donc pas pu demander à se faire accompagner.

Il était « estimé de tous, actif et impliqué dans différents domaines » et « n’avait jamais fait l’objet de reproches particuliers », ont ajouté les syndicats, critiquant la procédure administrative utilisée.

« Comment ne pas s’interroger sur le lien entre la façon dont l’entretien s’est déroulé et le geste désespéré de notre collègue? », ont demandé les syndicalistes, réclamant « l’ouverture d’une enquête administrative ».

Selon un enseignant du lycée, l’élève affirme que son professeur avait tenté de l’embrasser. « Il a reconnu avoir échangé des SMS avec cette élève, qui était en détresse », mais « pour lui, c’est une vengeance de la part de cette élève, qui le harcelait », a-t-il ajouté.

Le décès de l’enseignant est survenu dans la nuit du 7 au 8 juin, quelques jours après son geste, ont précisé les syndicats. Il « n’a pu être sauvé », a confirmé le rectorat, indiquant avoir mis en place une « cellule de soutien psychologique » dans l’établissement, pour les élèves comme pour les personnels.

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