La réforme du collège « un mauvais coup porté à la langue française », selon l’Académie

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L’Académie française a rejoint la cohorte des opposants à la réforme du collège qu’elle accuse d’être « un mauvais coup porté à la langue française », dans une déclaration votée à l’unanimité, a-t-on appris mardi auprès de l’institution.

Dans une relativement rare déclaration adoptée à la mi-juin qui ressemble à une prise de position, l’Académie accuse la réforme qui est censée voir le jour à la rentrée 2016 d' »affaiblir les disciplines fondamentales » et de « développer les inégalités ».

« L’Académie française, qui a fait part au Président de la République (François Hollande) de ses réserves sur les projets de réforme du collège et des programmes d’enseignement présentés par le gouvernement, considère que l’ensemble de ces projets n’est pas satisfaisant », estime d’emblée la déclaration.

Les Immortels, dont nombre d’opposants déclarés à l’actuel gouvernement comme l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy, Xavier Darcos, l’ancien chef de l’Etat Valéry Giscard d’Estaing ou encore le philosophe Alain Finkielkraut reprochent à la réforme « un défaut de structure ».

Selon l’institution créée par le cardinal de Richelieu, cette réforme « repose sur deux principes implicites: l’affaiblissement des disciplines fondamentales et le bouleversement du calendrier d’acquisition des connaissances et des compétence ».

L’Académie française exprime sa réprobation à l’idée que le latin et le grec soient mis « sur un pied d’égalité avec les langues régionales ». Il faut « préserver les disciplines traditionnelles », insistent les Académiciens dans leur déclaration.

« Le bouleversement complet du calendrier (…) ne permettra pas de lutter efficacement contre l’échec scolaire, ne favorisera pas +la réussite pour tous+, que la réforme s’assigne pour objectif, et a toute chance de perpétuer, voire de développer les inégalités », met en garde l’Académie française.

Plaidant pour « le redressement » du système scolaire, les Académiciens affirment que pour ce faire « il faut résister à la tentation de la facilité ». « L’exigence constitue le principe fondateur de l’école de la République; elle doit le rester ou le redevenir », insiste le manifeste.

La réforme du collège a suscité de nombreuses polémiques depuis sa présentation en mars. La suppression d’une large partie des classes bilangues et des options latin et grec ont provoqué la colère des enseignants de lettres classiques et d’allemand, des critiques de la droite ainsi que de personnalités de gauche comme Jack Lang ou Aurélie Filippetti.

La réforme compte aussi ses partisans: deux syndicats dits réformateurs (SE-Unsa et Sgen-CFDT, 20% ensemble aux élections professionnelles), l’enseignement privé catholique (20% des élèves en France) et la FCPE, première fédération des parents d’élèves.

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