Vallaud-Belkacem soutient les profs menacées parce que leurs élèves allaient chanter en arabe

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Najat Vallaud-Belkacem a apporté mercredi son soutien aux institutrices d’une école corse menacées parce qu’elles voulaient faire chanter leurs élèves en arabe, dénonçant des comportements « racistes » qui ont conduit le rectorat à porter plainte contre X.

Les institutrices de l’école de Prunelli-di-Fiumorbu (Haute-Corse), avaient « prévu de faire chanter lors d’une kermesse à ces enfants des couplets de Imagine », la chanson pacifiste de John Lennon « dans cinq langues différentes, l’arabe était une langue parmi d’autres », a souligné la ministre de l’Education nationale sur France 5.

Refusant que leurs enfants chantent en arabe, des parents ont protesté. Certains ont menacé de perturber le déroulement de la kermesse. « C’est terrible », a déploré la ministre.

Le procureur de la République à Bastia, Nicolas Bessone, a indiqué mercredi à la presse qu’une enquête a été ouverte, en raison de « pressions exercées sur les enseignantes » et du « déchaînement sur les réseaux sociaux ».

Les enseignants, qui ont fait jouer leur droit de retrait, n’ont pas assuré la classe lundi et mardi. Ils ont déploré dans un communiqué « l’amalgame entre langue et religion ainsi que la désinformation véhiculée par certains parents » et regretté que « l’espace de neutralité dû aux élèves et la sécurité de personnes ne (puissent) être garantis ».

Plusieurs graffitis « Arabi Fora » (Les Arabes, dehors!) et « Lingua Corsa » (langue corse) ont été tracés à la peinture dans la nuit de mardi à mercredi devant et aux abords de l’école de ce village de quelque 3.000 habitants à forte communauté maghrébine, sur la façade orientale de la Corse.

La fête a été annulée parce que « des considérations de sécurité publiques l’emportent dans ce genre de situation », a précisé Najat Vallaud-Belkacem, souhaitant qu’au-delà de la plainte de l’institution, « les autres parents peut-être aussi interviennent dans le débat , prennent la parole pour dénoncer » la situation.

« Dans la politique que je mène pour développer les langues vivantes étrangères, l’arabe sera évidemment dans le panel des langues, parce qu’il faut le développer, parce qu’on a besoin de cette diversité des langues et je condamne ce type de comportement », a-t-elle déclaré.

Une vive tension entre parents, favorables ou opposés au projet éducatif, a entouré la reprise des cours mercredi matin, en présence de l’inspectrice d’académie, a déclaré le maire du village, Pierre-Siméon de Buochberg, qui avait accompagné sa fille.

M. de Buochberg a annoncé, lors d’une conférence de presse, que la commune avait porté plainte pour dégradations après la découverte des graffitis près de l’école.

Il a ajouté qu’une réunion ouverte à tous les parents et prévue jeudi avait été annulée car « les conditions de sécurité ne sont pas réunies. » Il a dit avoir reçu depuis lundi de très nombreux courriels de Corse et du continent en majorité opposés à l’initiative des institutrices de faire chanter les écoliers en arabe.

M. de Buochberg a annoncé qu’il présiderait toutefois jeudi une réunion à huis clos à la mairie avec un médiateur nommé par le rectorat, des enseignants et les représentants élus des parents d’élèves.

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