Grève contre la réforme du collège : 73 % des profs du secondaire soutiennent la mobilisation

Près de 3 enseignants sur 4 soutiennent la mobilisation du 11 juin contre la réforme du collège, selon un sondage. Les syndicats sont reçus aujourd'hui au ministère de l'Education nationale.

collège

© Chlorophylle – Fotolia

La mobilisation ne faiblit pas contre la réforme du collège portée par la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem. Selon un sondage Ifop publié hier (1), 73 % des enseignants du secondaire soutiennent la mobilisation organisée le 11 juin contre le texte.

Les défenseurs des langues anciennes toujours remontés

Cette mobilisation est à l’initiative des organisations syndicales SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, SNETAA-FO, CGT Educ’action, SUD Éducation, SNCL-FAEN et SIES-FAEN, qui appellent à « une nouvelle journée nationale de grève et d’actions » ce jeudi. Elles critiquent notamment « l’enfermement du ministère dans son maintien de la réforme du collège et son refus d’entendre les demandes des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation du second degré ».

La réforme du collège suscite en particulier la colère des enseignants de langues, qui dénoncent le remplacement des options latin et grec par un EPI et un « enseignement de complément » sur les langues de l’Antiquité. Dans un communiqué publié lundi, les associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL et SLL s’élèvent contre cette mesure qu’elles jugent inégalitaire. « Les deux dispositifs prévus pour l’enseignement du latin et du grecEnseignement Pratique Interdisciplinaire (EPI), et un seul ‘enseignement de complément’ de Langues et cultures de l’Antiquité (LCA) » ne sont « pas régis par des dispositions nationales réglementaires, mais rejetés dans les marges de l’autonomie locale » déplorent-ils.

Ainsi « ces deux dispositifs entreront en concurrence avec d’autres matières (l’horaire des EPI est prélevé sur les horaires disciplinaires) ou d’autres mesures (l’enseignement de complément doit s’imposer au détriment de dédoublements ou de travaux en groupe). Étouffés dans l’oeuf, le latin et le grec ne seront plus enseignés sauf dans des établissements favorisés, même si le ministère pousse les hauts cris lorsque l’on parle de suppression », s’indignent les associations.

Les syndicats reçus au ministère

Les organisations syndicales sont reçues ce mercredi au ministère de l’Education nationale, afin de discuter des textes d’application, a indiqué mardi Najat Vallaud-Belkacem . Frédérique Rollet, secrétaire générale du Snes-FSU, attend toutefois « que la ministre dise qu’on n’est pas là pour discuter des circulaires d’application mais bien pour reprendre les discussions sur le fond de la réforme, sur des modifications importantes de l’arrêté ». Elle souhaite surtout revoir « la conception de l’interdisciplinarité » et « la façon de gérer l’autonomie » mises en place par la réforme du collège.

Si 73 % des enseignants interrogés disent soutenir la mobilisation du 11 juin, Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa, favorable à la réforme, semble assez pessimiste quant à l’ampleur de la grève. Elle « sera encore moins suivie que la précédente, estime-t-il. Les gens qui ont perdu une journée de salaire n’ont pas forcément envie d’en perdre une seconde ».

Note(s) :
  • (1) Etude réalisée par Ifop pour SOS Education auprès de 601 enseignants représentatifs des professeurs du secondaire
Source(s) :
  • avec AFP

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