Boris Cyrulnik : « Peu d’enseignants ont conscience de leur impact affectif sur les enfants »

Boris Cyrulnik est le ‘psy’ le plus célèbre et le plus apprécié de France. Alors que les réformes du collège et des programmes alimentent les débats, il nous livre son diagnostic sur l’école.

Boris Cyrulnik

B.Cyrulnik (c)DRFP Odile Jacob

Vous avez cosigné une tribune du Monde intitulée « Contre l’école inégalitaire, vive le collège du XXIe siècle ». Qu’est-ce qui vous a motivé à entrer dans le débat autour de la réforme du collège ?

C’est le constat que l’école a perdu sa capacité d’intégration : intégration des enfants des classes sociales défavorisées et intégration des enfants issus de l’immigration. Dans ma génération, seuls 3% des enfants faisaient des études supérieures, mais lorsque j’étudiais la médecine, il y avait plus de 10% d’enfants « pauvres  », contre moins de 2% actuellement.

Désormais, en France, faire un bon parcours scolaire suppose d’abord d’habiter dans les quartiers où sont situés les bons lycées et d’avoir accès à la culture. Car ce n’est pas la pauvreté qui provoque l’échec scolaire, c’est l’éloignement des sources de culture.

Le psy que vous êtes n’explique quand même pas cette fracture par la seule carte scolaire !

Non en effet, l’autre facteur déterminant c’est l’importance des interactions préverbales. Les bébés qui, avant de savoir parler, sont sécurisés par une niche sensorielle riche et une stabilité affective éprouveront leur entrée à l’école comme une exploration amusante. Ils représentent deux enfants sur trois et ce sont les futurs « bons élèves ». Les autres, insécurisés à cause d’un drame familial (mort, maladie, conflits parentaux…) ou parce que leurs conditions d’existence sont difficiles, vont acquérir un attachement insécure. Pour eux, la première rentrée sera souvent perçue comme un petit trauma et beaucoup continueront à vivre la scolarité comme une épreuve.

Les enseignants ont-ils un rôle à jouer dans cette « sécurisation » de l’enfant ?

Oui, mais ils ne se pensent pas dans ce rôle-là. Nous avons en France de bons enseignants, motivés, bien formés et désireux de bien faire leur métier. Mais peu ont conscience de l’impact affectif qu’ils ont sur les enfants. Certains instituteurs, professeurs de collège et de lycées, vont rassurer et réconforter les enfants par leur façon d’être, leur manière de parler, leur attention à reprendre autrement une explication mal comprise… Généralement, ils ne s’en rendent pas compte. Un encouragement, une appréciation de leur part qui seraient perçus comme des banalités par des adultes, auront chez un gamin en recherche de sécurisation, une valeur inestimable. Ce sera un événement émotionnel fort qui participera à structurer sa personnalité. D’ailleurs, lorsqu’on évoque avec des étudiants leurs motivations à suivre telle ou telle filière du Supérieur, il y a presque toujours le souvenir d’un enseignant en particulier.

Enseigner, éduquer, faire de l’assistanat social… estimez-vous qu’on demande trop aux enseignants ?

Absolument ! Les enseignants sont formés et payés pour instruire or, on leur demande de plus en plus d’éduquer. Non seulement ce n’est pas leur rôle, mais c’est aussi très compliqué, car le nombre d’enfants agressifs a beaucoup augmenté. Les problèmes anxieux de ces gamins ne naissent pas à l’École, mais c’est là qu’ils s’y expriment.

À mon époque nous faisions beaucoup de bêtises, mais nous admirions nos profs et cela ne posait aucun problème entre nous. Bien sûr, une très large majorité d’élèves continue d’avoir de l’estime pour leurs enseignants, mais ce sont les élèves les plus rebelles qui impriment l’ambiance d’une classe. En 2015, les élèves qui apprécient les enseignants sont une majorité… silencieuse.

Comment le psychiatre explique-t-il que l’école cristallise systématiquement les tensions dans la société ?

Parce que s’y joue quelque chose de fondamental, ce dont nous avons tous conscience.

L’enjeu social de l’école est devenu faramineux. Quand j’étais enfant, il y avait un concours d’entrée pour accéder au lycée. Sur 40, quatre ont été autorisés à se présenter à l’examen, trois ont été reçus, dont votre serviteur. Mais il n’y avait aucune humiliation pour les autres, tout aussi fiers que nous d’aller apprendre un métier d’artisan, d’ouvrier ou de paysan. Aujourd’hui les parents associent le fait de rater sa scolarité à celui de rater sa vie. Et désormais ce qui construit notre identité sociale, c’est le diplôme. Résultat, la « sélection » est extrêmement forte et précoce. Tout cela avec l’aval des parents qui surinvestissent le rôle de l’école ; il suffit de constater combien d’entre eux paniquent à l’idée que l’on puisse assouplir des rythmes scolaires alors que toutes les études sérieuses en ont confirmé le bien-fondé.

Justement, si vous occupiez pendant quelques heures le fauteuil de ministre de l’Éducation nationale, quelle(s) décisions(s) prendriez-vous ?

Celle de fuir ce poste à toutes jambes ! (rires). L’enjeu est si grand, l’institution si lourde à manœuvrer qu’elle me semble impossible à réformer. Nous serions toutefois bien inspirés de prendre exemple sur les pays nordiques. Comme eux, il nous faudrait nous intéresser à la sécurisation des tout petits, retarder leur entrée à l’école, ne pas attribuer de notes en primaire, raccourcir la durée des cours, confier des activités éducatives à des tiers issus du monde de la culture ou du sport, etc. Dans les pays d’Europe du Nord, on recense 1% d’illettrés ; ils sont plus 10% en France. Chez eux le nombre de suicides d’adolescents a diminué de 40% en 10 ans ; chez nous c’est un fléau.

Il ne faut jamais oublier que l’intelligence est incroyablement plastique, qu’un mauvais élève peut devenir bon en l’espace de quelques mois quand il est dans un milieu sécure. Or, plus un système est rigide – et le nôtre l’est – moins il tient compte de cette plasticité de l’intelligence

 

Olivier Van Caemerbèke

83 commentaires sur "Boris Cyrulnik : « Peu d’enseignants ont conscience de leur impact affectif sur les enfants »"

  1. Blanc Ptraicia  10 juin 2015 à 8 h 29 min

    Tout à fait d’accord avec l’impact affectif que l’on a sur les élèves . Je l »ai expérimenté. Pas du tout d’accord avec le retrait des notes. Il faudrait arrêter de penser que la note est une sanction. Elle peut être très motivante au contraire si elle suit un travail qui amène l’élève à être capable de réussir son évaluation. La majorité des élèves préfère les notes ; la majorité des « anti-notes » n’ont jamais enseigné et pense que quelques couleurs vont aider les élèves en difficulté. C’est une erreur. Ils seront aidés par la répétition le temps qui leur est accordé pour comprendre. On doit travailler sur des compétences mais l’évaluation chiffrée est plus claire et motivante dnas la plupart des matières. Pourquoi les français se critiquent-ils sans cesse en prenant exemple sur les voisins et en oubliant leur culture?
    Je suis professeur et j’adore mon métier.
    Patricia BlancSignaler un abus

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    • Maraval  10 juin 2015 à 12 h 21 min

      Il serait grand temps de se remettre en question. Je suis professeur d éducation musicale depuis 35 ans et je peux affirmer que le système français est aussi rigide qu un coup de trique. Pas étonnant notre retard dans beaucoup de secteurs?Signaler un abus

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      • TENAND  21 avril 2016 à 8 h 31 min

        Bonjour Le système éducatif français (sic) est avant tout ce que les enseignants en ont faitSignaler un abus

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        • Charbeaux  24 avril 2016 à 15 h 14 min

          Bonjour,

          il ne faut pas oublié que devant les enseignants il y a l’éducation nationale avec sa pyramide administrative et directive? Quand on change de programme tous les 5 à 7 ans, comment pouvoir se stabiliser et pouvoir s’occuper pleinement des élèves avec bienveillance.Signaler un abus

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          • Anne  20 mai 2016 à 17 h 16 min

            Il ne faut pas peindre, vendre, OUBLIER.C’est surtout la formation des enseignants qu il faut revoir.Signaler un abus

        • florence  27 avril 2016 à 20 h 13 min

          un peu facile de dire ceci…………il ne faut pas confondre système éducatif et l’enseignement réel dans les classes !!Signaler un abus

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        • Anne  20 mai 2016 à 17 h 46 min

          Heu non!!!!!
          Les enseignants sont soumis à une hiérarchie stricte sous les ordres d’un ministre.
          Lui-même sous les ordres d’un premier ministre nommé par un président élu par les personnes votantes donc vous peut-être? 🙂Signaler un abus

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        • marions78  27 juin 2016 à 8 h 16 min

          Huhuhu, si j’avais ce pouvoir, j’aurais changé bien d’autres choses! Vous vous fourvoyez!Signaler un abus

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        • Zatto  2 juillet 2016 à 13 h 43 min

          vous voulez dire ce que l’éducation nationale en a fait, nuance
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        • Jacq  5 août 2016 à 14 h 28 min

          Pas d’accord. Nous ne faisons qu’appliquer les réformes successives. Les enseignants n’ont aucun pouvoir. C’est trop facile de dire que nous sommes la cause de l’illettrisme et des problèmes que rencontre l’école actuellement. C’est à la société, en général et aux parents, en particulier, d’enseigner la confiance en soi à leurs enfants. Nous, nous fournissons un savoir.Signaler un abus

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    • Claudine  15 juin 2015 à 10 h 00 min

      Pour ce qui est des notes, je suis pour leur suppression pour plusieurs raisons.
      1/ moult études prouvent que la meilleure des motivations est interne et non pas externe. Une note est une motivation externe moins puissante que le désir d’apprendre. C’est ce désir qu’il faut eveiller.
      2/la science qui s’ intéresse au système de notation observe que la note n’est jamais objective, même en math.
      que note le professeur? Le résultat final? La réflexion? Le progrès sur un point précis qui faisait obstacle et un élève en particulier?….
      3/ la note sert à classer les élèves et pousse à la compétition plutôt qu’a l’entre aide. L’avenir est à ceux qui sauront travailler en équipe, vu la complexification de notre société.
      4/c’est un élément stressant pour l’élevé en difficulté qui le paralyse plus que de le motiver.
      5/ les pays nordiques qui se passe des notes ont semble t il des résultats beaucoup plus satisfaisants que nous. Cela devrait nous rassurer
      6/notre école permet encore des expérimentations pédagogiques.
      Les enseignants d’inspiration Freinet ont des résultats satisfaisants grâce à une mise en place d’auto évaluation qui peuvent prendre en compte l’état des connaissances de l’élève évitant ainsi de le mettre en échec scolaire. Un plan de travail hebdomadaire permet à l’élève de se prendre en charge.

      ClaudineSignaler un abus

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      • elisabeth  19 décembre 2015 à 8 h 38 min

        la compétition entre les enfants est rude dans un système où les moults difficultés sont nombreuses.
        Je note que la notation si elle permet à certains enfants d être reconnue comme valeur de ce qu il sont est pour d autres une sanction terrible pour diverses raisons :
        – difficile d expliquer aux parents qu on a raté le contrôle !!
        l impact est dévalorisante et le retour est donc négatif.
        – l estime de soi est plus que mis à mal d abord pour l enfant que ne le verbalisera mais l impregnera dans sa mémoire.
        Les parents qui augmenteront la pression alors que la bienveillance est avant le moteur qui
        resecurisera l enfant.

        LES PARENTS DOIVENT FAIRE CORPS AVEC L ÉCOLE ET POSER UN CADRE : les limites et l accompagnement sont les outils qui donneront de meilleurs résultats et permettront d être encourager pour le prochain contrôle .

        réfléchissons un peu si ces mêmes parents étaient notés dans leur domaine pro comme sont les enseignants! pas sur qu ils réagiraient de la même façon ..
        la souffrance scolaire existe pour l élève et l enseignant.
        et la pression sur un enfant un futur adulte n a jamais donné un être serein et confiant.
        Les psy aujourd’hui ont face des jeunes enfants, adolescents et jeunes adultes une posture parfois bien délicate car derierre ce sont des parents qu ils faut accompagner aussi or la c est évidemment pour beaucoup pas leur problème et c est bien dommage.
        un enfant heureux est un enfant serein sans pression d aucune sorte!
        -JUSTE L ENVIE D AVOIR ENVIE POUR DE VRAI. …Signaler un abus

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        • Florence  3 avril 2016 à 11 h 07 min

          je suis pour l arret des notes pour que l enfant soit dans le plaisir de la découverte et non dans la dépendance aux attentes de l adulte et de son jugement vive la méthode MontéssorySignaler un abus

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      • Norbert  14 mars 2016 à 23 h 14 min

        Je suis d’accord avec l’arrêt des notes. Père de famille et d’un enfant dyspraxique, je lui faisais ses DM de math au collège pour lui remonter un peu sa moyenne (et du coup l’encourager…). 2 autres élèves du quartier profitaient de mon travail. Une année, ils avaient tous 3 la même professeur, mais n’étaient pas dans la même classe.
        Ils rendaient le même devoir, mais n’avaient jamais la même note !!! Elles allaient de 16 à 19, jamais 20. (ce n’éatient pas des élèves habituellement brillants…)
        J’aimais bien les critiques des profs : il faut écrire le théorème. Puis l’année suivante : il ne faut pas écrire le théorème… Ils ont des pédigrés, les gamins, ou plutôt vous leur en donnez !
        Maintenant, je suis infirmier scolaire. Des élèves viennent malades à l’école pour ne pas rater leur contrôle. Ce matin, une élève est venue pour son contrôle de math, en terminal S, alors qu’elle s’est fai arracher 4 dents de sagesse vendredi. Sa place était chez elle, dans son lit. Il faut diminuer la pression, c’est un euphémisme !!!!!!Signaler un abus

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      • TENAND  21 avril 2016 à 8 h 39 min

        Bonjour madame supprimer les notes c est le progrès pour certains ……
        Par contre les élèves sortant de votre système ouaté entrent dans un système ou la note, que vous le vouliez ou non est partout.
        La note, le classement sont bons a une condition que leurs énumérations ne se passent pas comme dans un repas d enseignants, qui finit souvent par des empoignades ayant pour origine la différence de traitements évoqués publiquement pour faire mal…….Signaler un abus

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      • Moody Blues  2 juillet 2016 à 22 h 53 min

        Tout à fait d’accord !Signaler un abus

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    • VANDEWALLE PAULE  23 août 2015 à 9 h 38 min

      Tout à fait d’accord avec votre commentaire !Signaler un abus

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      • Florian  20 décembre 2015 à 13 h 49 min

        Il y a un autre effet extrêmement néfaste à la note que vous n’avez pas listé, et que j’ai particulièrement ressenti en tant qu’élève ans l’éducation supérieure : les notes ne sont pas enrichissantes.

        Elles ne donnent pas d’explication, n’indiquent pas ce qu’il aurait fallu faire mieux, et pour certains professeurs elles sont une bonne excuses pour ne pas prendre le temps de faire une correction / donner des conseils. Or, on ne va pas se mentir, ce sont bien ceux-là qui ont une utilité après un examen.Signaler un abus

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        • Lyonyx  25 février 2016 à 0 h 00 min

          ayant été de nombreuses années cancre et mes pauvres parents ne savaient plus où me mettre … mes cahiers de véritables œuvres d’art à l’encre rouge, mes mauvaises notes étaient toujours expliquées et je ne les ai jamais trouvées injustes ! Mais quel bonheur d’en avoir de bonnes plus tard grâce à d’excellents profs de Français et d’Espagnol auxquels je fais encore souvent référence car nous ressentions tout l’amour qu’ils avaient chacun pour leur matière !Signaler un abus

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        • cyberboulette  12 mars 2016 à 11 h 52 min

          bonjour,

          j’ai un très mauvais souvenir avec les notes … Mon fils avait « quelques » difficultés en français et pour ses dictées le prof lui déduisait les fautes et lui donnait des notes négatives. Je l’ai rencontré et son argument était de dire que de passer de – 15
          à – 10 était positif …
          Pour mon fils par contre, ce n’était pas positif mais humiliant.

          Il a dû « tirer » sa scolarité jusqu’à 16 ans et en a beaucoup souffert.

          Après être sorti « sans orientation possible » il a démarré par l’apprentissage et a obtenu un DUT par la voie de la formation professionnelle, où il s’est enfin trouvé valorisé.

          Il y a encore beaucoup à faire au niveau de la relation avec les enseignants.Signaler un abus

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        • Armelle  13 mars 2016 à 16 h 43 min

          Ne pas prendre le temps de donner des conseils? Avec 35 élèves par classe en lycée et des programmes tellement chargés! Les corrections et les conseils, on les mets sur les copies, à la maison, en y consacrant beaucoup de temps pour que l’élève comprenne ses erreurs, il y a même des encouragements et surtout un corrigé est donné à chacun pour évaluer sa copie. Arrêtez de tout mettre sur le dos des profs, mal payés, mésestimés, à tel point d’ailleurs qu’il y a de moins en moins de candidats. C’est une révolution qu’il faut à l’éducation nationale! Et expliquer aux parents que le bac S n’est pas la panacée!Signaler un abus

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    • J Louis  13 mars 2016 à 12 h 34 min

      Lisez Maria Montessori, Regardez les conférences de Céline Alvarez, s’il vous plait. Vous en sortirez plus épanouie et les enfants aussi !Signaler un abus

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    • Viard  2 juillet 2016 à 14 h 04 min

      Oh oui ! Ex – enseignante , je suis tout à fait d ´ accord avec vous mais , hélas , quand on connaît les nouvelles directives et tout ce que contient la Réforme de  » Bécassine  » , on ne peut que désespérer de notre pitoyable enseignement et de ses conséquences sur les générations à venir …Signaler un abus

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  2. Poulain Sandrine  10 juin 2015 à 19 h 42 min

    N’oublions pas de dire que les sélections scolaires sont elles-mêmes très sévères pour les enfants qui ne rentrent pas dans le moule « scolaire » de l’éducation nationale. Comment l’éducation nationale (dont je fais partie) peut -elle rejeter du système scolaire tous les ans en fin de collège, des enfants qui ont des aptitudes au dessin, au sport, à la technologie sous prétexte qu’ils n’ont pas un niveau scolaire traditionnel suffisant pour intégrer des classes de CAP ou de BEP de toutes sortes ? pas de places? pas de priorité à ceux qui ne pourront pas continuer en seconde générale ? ils sont des milliers tous les ans à se retrouver avec des dossiers refusés par des établissements scolaires PUBLICS qui sont censés les accueillir dans des formations plus professionnelles, plus formatrices de métiers d’artisans …mais non, ceux qui souhaitent accéder à ces écoles publiques doivent de toutes façons avoir un dossier scolaires béton pour y être acceptés: entretiens, tests, on ne prendra QUE les meilleurs de toutes façons ! et les meilleurs sont ceux qui auraient pu continuer en filière générale. Alors où est le problème ? Pourquoi les lycées pro ne prennent-ils que des enfants solides scolairement ? que fait-on alors des autres ? il n’y a pour eux aucune solution en France et c’est grave , très grave! l’école doit repenser son collège, ses sélections, ses formations pour les jeunes. Toutes les assistantes de scolarité vont diront qu’elles ont plusieurs centaines d’enfants hors niveau hors jeu du système tous les ans ! est-ce comme cela que l’école publique doit traiter ses jeunes ? Les discours des uns ne sont pas en phase avec ce qui se passe sur le terrain! la réalité n’est pas la même. Notre école est cruelle et ne devrait pas l’être!
    Enseignante et mère de famille en colère .
    Sandrine PoulainSignaler un abus

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    • Faraxen  11 juin 2015 à 14 h 33 min

      « Pourquoi les lycées pro ne prennent-ils que des enfants solides scolairement ? que fait-on alors des autres ? »

      Soit vous évoquez quelques lycées pros à filières sélectives à dimension hautement artisanale (horlogerie, maroquinerie, arts du verre et du cristal, etc), soit votre vision de la politique des recrutements/inscriptions en lycée pro est complètement surannée…

      Pour enseigner depuis sept ans dans un lycée professionnel des métiers du bâtiment en Seine-Saint-Denis, je peux vous dire que la plupart des élèves que nous récupérons de collège ou s’inscrivant en 3ème prépa-pro, sont à vingt mille lieues sous les mers d’être « solides scolairement ».
      Une bonne moitié d’entre-eux, d’ailleurs, se voit affectée sur ses vœux 3 à x.

      Dans le même sens, la proportion grandissante d’élèves ULIS intégrant les sections de CAP me pousse à vous confier que les lycées professionnels sont devenus des déversoirs à élèves que l’on n’a pas su gérer au collège (profil atypique, comportement déviant, faiblesses profondes dans quelques matières clés, etc) afin de « protéger » les collègues d’au-dessus qui prennent le relais et « d’épargner » aux élèves à profil classique, trois années supplémentaires d’hétérogénéité (jugée délétère).

      Enfin et malheureusement, les quelques élèves lucides arrivant en lycée pro et fatigués de voir que ce dernier apparaît comme la dernière auberge avant le précipice, démissionnent très vite pour s’inscrire dans un CFA…Signaler un abus

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    • VANDEWALLE PAULE  23 août 2015 à 9 h 44 min

      C’est en effet un gros problème vu le nombre d’enfants en difficulté dans les matières dites essentielles  » français, math, sciences  » mais il faut espérer que pour cette génération cela va bouger ! Néanmoins si des réformes efficaces sont prises dès le primaire il y aura moins d’enfants dans ce cas et le problème sera résoudra progressivement !Signaler un abus

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  3. Clochette  11 juin 2015 à 0 h 31 min

    Absolument d’accord avec l’article, et absolument pas d’accord avec Patricia Blanc… les notes sont non seulement inutiles mais nuisibles… il n’y a qu’à voir le nombre d’élèves qui n’ont qu’une question à la bouche, du collège à la fac : « c’est noté, m’dame ? »
    Les élèves préfèrent les notes car … ils n’ont rien connu d’autres, et on ne leur a pas appris à s’auto-évaluer ! Il faut avoir fréquenté une classe Freinet pour savoir le faire.
    Relisez les rapports mondiaux sur l’apprentissage, nous sommes complètement hors clous quand on connait comment fonctionne le cerveau humain…. ce qui est déterminant pour l’apprentissage (et aujourd’hui on sait l’expliquer par les sciences cognitives), c’est la motivation intrinsèque c’est à dire l’envie de savoir quelquechose, et non l’envie d’être jugé positivement.
    J’ai personnellement quitté l’enseignement car j’en avais ma claque de travailler dans un système complètement inefficace et qui ne laisse aucune place à l’initiative.Signaler un abus

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    • Faraxen  11 juin 2015 à 15 h 06 min

      « les notes sont non seulement inutiles mais nuisibles »

      Et bien dites-donc, vous n’y allez pas avec le dos de la baleine !
      On peut s’écharper jusqu’à la prochaine fin du monde sur le pour et le contre vis à vis des notes.

      Juste quelques remarques, sûrement déjà formulées ailleurs, pêle-mêle :

      – J’ignore tout de la didactique et de la pédagogie Freinet. Je constate malgré tout, de ma courte expérience, qu’une approche ludique est fortement motivante pour une bonne majorité d’élèves. L’esprit de compétition, la dynamique d’émulation qui en découle, permettent une attention et une application accrues dans les travaux écrits et les prestations orales. Ce n’est pas tant le chiffre, le nombre, la note finale reçue qui est attendue par l’élève que ce qu’elle permet de mise en perspective dans le rapport à l’autre. Se situer par rapport aux autres. Parce que l’école, au-delà de ses dimensions instructives et éducatives, c’est avant tout l’apprentissage de la vie (en société) tout court ! Retirer un instrument facilement accessible aux élèves pour s’auto-évaluer – l’instinctive comparaison du « et toi, tu as eu combien ? » – n’est peut-être pas le plus fertile…

      – l’auto-évaluation, l’accompagnement personnalisé, l’aide individualisée… n’est-ce pas le noyautage rampant d’une institution républicaine (collective, solidaire, fraternelle) par les dogmes néo-libéraux ? Ceux-là mêmes qui portent sur un piédestal l’initiative privée et l’individualisme comme modèle d’accomplissement ? Et qui vident progressivement de sa substance « l’expérience collective vécue en classe » en instillant un une somme d’apports tournés uniquement vers la progression du « je » ?

      Je regrette que vous ayez quitté l’enseignement. C’est pourtant de personnes comme vous que nous avons besoin à nos côtés. Pour rénover/innover de l’intérieur.Signaler un abus

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  4. Queral  11 juin 2015 à 23 h 31 min

    Peut-on faire remarquer que le mot « sécure » n’existe pas en français et qu’il s’agit en l’espèce d’un anglicisme déplaisant, alors que le mot « sûr » exprime, je crois, exactement la réalité que l’auteur cherche ici à désigner…Signaler un abus

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    • GOURSOLAS  9 octobre 2015 à 7 h 34 min

      Bonjour
      Oui le mot secure est un anglicisme mais il recouvre une notion particulière en psychologie de l’attachement qui n’est pas équivalente à « sure ». Il faudrait plutôt dire « bien attaché  » . Mais l’usage est d’utiliser le mot « secure ».Signaler un abus

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  5. Astra  12 juin 2015 à 0 h 04 min

    « il y avait plus de 10% d’enfants « pauvres », contre moins de 2% actuellement. »

    je ne sais pas d’où Monsieur Cyrulnick tient ses chiffres… l’UNICEF vient de publier le triste constat de 3 Millions d’enfants sous le seuil de pauvreté, 1 sur 5, 20% !!!!
    l’école souffre des mêmes maux que la société, effectivement, l’impact affectif de l’enseignant sur l’enfant est primordial, effectivement, et l’école ne peut tout férer seule. Le manque de moyens médico-sociaux pour travailler en partenariat avec les enseignants ET les familles est aussi une calamité, la grève de ce jour des services de pédopsychiatrie en Seine St Denis en est un exemple.

    La pauvreté n’est pas le seul facteur de difficulté d’accès à la culture, effectivement, mais elle n’aide pas à favoriser les apprentissages, dans un contexte de misère sociale, la préoccupation première est de manger, avoir un toit, se vêtir… pas de lire…. et avec 20% d’enfants sous le seuil de la pauvreté aujourd’hui, il y a du soucis à se faire….Signaler un abus

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    • Clopinette  12 juin 2015 à 15 h 56 min

      « Dans ma génération, seuls 3% des enfants faisaient des études supérieures, mais lorsque j’étudiais la médecine, il y avait plus de 10% d’enfants « pauvres », contre moins de 2% actuellement. ».

      M. Cyrulnick parlait du taux d’étudiants pauvres effectuant des études de médecine et non du taux d’enfants sous le seuil de pauvreté en France. Vous ne parlez tout simplement pas de la même chose, donc il est bien normal que vous n’ayez pas les mêmes chiffres 🙂Signaler un abus

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    • Mélusine  12 juin 2015 à 23 h 30 min

      Astra, je crois que vous avez mal compris la phrase; Cyrulnik dit qu’il y avait 10% d’enfants (de jeunes en fait) « pauvres » qui faisaient des études supérieures, contre seulement 2% aujourd’hui. Autrement dit, que le milieux social joue un rôle de plus en plus grand quand à l’accès aux études, ce qui était moins le cas avant, donc.Signaler un abus

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    • Alain  14 février 2016 à 21 h 35 min

      Les 10% d enfants dont parle Cyrulnik sont les étudiants de sa génération et non pas l ensemble des enfants !Signaler un abus

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