Moselle: une aire de jeu universelle, au grand bonheur d’enfants handicapés

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Une « aire de jeu universelle », permettant aussi aux enfants handicapés d’y jouer, a été inaugurée vendredi à Uckange (Moselle) dans un institut géré par l’association des paralysés de France (APF), qui espère que ce site pilote fasse des émules.

Un parcours de cinq installations, dont un manège et une double balançoire conçus pour accueillir des fauteuils roulants pesant jusqu’à 250 kg, ont été aménagés à l’institut d’éducation motrice (IEM) d’Uckange, dans un jardin partagé avec une école maternelle et une école primaire.

Son fauteuil solidement amarré au manège avec des accroches métalliques et des sangles, Marie-Lisa, une enfant polyhandicapée de 13 ans, tournoie gaiement sous l’oeil de sa mère, Isabelle.

« Elle sourit, elle a le visage détendu », constate Isabelle. « Pour des enfants ordinaires faire un tour de manège, c’est anodin mais pour un enfant handicapé c’est exceptionnel », souligne-t-elle.

Or la stimulation sensorielle est indispensable pour la psychomotricité d’un enfant: « S’il ne peut pas percevoir des vibrations, de la giration et du balancement, l’enfant n’exerce pas ses équilibres », rappelle Odile Chauvin, ergothérapeute fraîchement retraitée à l’origine du projet de l’aire de jeu universelle d’Uckange.

Comme les aires de jeu existantes sur le marché ne remplissaient pas ses exigences, l’IEM, qui accueille 18 enfants handicapés de 3 à 14 ans, avait décidé de créer ses propres prototypes.

« Souvent les aires de jeu sont accessibles aux handicapés, mais pas les équipements en eux-mêmes », explique Michel Escoms, de la société ME Développement, spécialisée dans la conception et la fabrication d’espaces ludiques et sensoriels et maître d’oeuvre du projet de l’IEM.

« Nous avons tenu compte de l’ergonomie des différents fauteuils et veillé à offrir une sécurité et une pérennité maximum », selon M. Escoms.

De par son cahier des charges très spécifique et son coût – environ 180.000 euros, financés aux 3/4 par l’Agence régionale de santé (ARS), le Comité national de coordination de l’action en faveur des personnes handicapées (CCAH) et la ville d’Uckange – le projet a mis quasiment dix ans pour aboutir.

Mais « il serait possible d’en réaliser en série, maintenant que les problèmes de conception ont été réglés, tout en s’adaptant aux besoins particuliers », estime Alexandre Willem, du bureau d’études de la métallerie Willem, une PME familiale du Bas-Rhin ayant participé au projet.

Le site d’Uckange a désormais vocation à servir de « support d’expérimentation pour des réalisations ultérieures » dans d’autres établissements, selon Mme Chauvin.

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