Les syndicats lycéens réclament l’interdiction d’une appli incitant aux « ragots anonymes »

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Plusieurs syndicats lycéens réclament l’interdiction de Gossip, une application d’échange de « potins » de manière anonyme, affirmant que cette plateforme a induit un climat malsain dans plusieurs établissements scolaires et qu’elle favorise le harcèlement.

« L’objectif de cette plateforme n’est pas de jouer mais bien de nuire aux autres », déclare dans un communiqué la FIDL, qui « appelle à sa fermeture immédiate ». « Nous condamnons cette application, qui doit être interdite », renchérit mardi Eliott Nouaille, président du Syndicat général des lycéens.

Gossip (potin en anglais), lancée il y a environ deux semaines, n’est plus accessible actuellement. « Suite aux nombreuses réactions suscitées par +Gossip+, nous avons pris la décision de mettre l’application hors service quelques jours, le temps de mettre en place un système de modération plus élaboré », indique un message qui s’affiche lorsqu’on tente de la télécharger. Avec en signature la mention « Sans rancune ».

Dans le dossier de presse, Cindy Mouly, la créatrice de la plateforme, explique qu’une fois enregistré, l’utilisateur accède aux « potins » postés par ses contacts. Il est « également possible d’avoir une visibilité sur les ragots concernant un de vos contacts mais qui sera posté par des personnes qui ne font pas partie de vos répertoires téléphoniques ni de Facebook ».

« Mais ce n’est pas qu’une application pour lire des ragots, le but est aussi d’en écrire! », ajoute Gossip dans ce communiqué de presse. L’utilisateur peut ainsi générer « une rumeur » (un texte de 140 caractères et l’identification de la ou des personnes concernées) ou « une preuve » (photo, vidéo, accompagnée de l’identification de la personne concernée et pourquoi pas d’un commentaire).

Ces « ragots » sont « éphémères » car « ils n’apparaissent sur votre page que 10 secondes » avant de disparaître, précise Gossip.

Selon Eliott Nouaille, cette application est une première en France. « Il existait les pages +spotted+ sur Facebook, consacrées à des déclarations anonymes – parfois des déclarations d’amour, mais aussi des paroles grossières – de lycéens d’un même établissement », déclare-t-il. « Mais avec Gossip, c’est nettement plus violent ».

Dans son lycée Jacques Prévert de Boulogne-Billancourt, « les élèves s’invectivent et s’accusent mutuellement d’avoir posté des ragots », ajoute-t-il. « A quoi sert cette appli à part blesser les autres? », s’interroge le jeune homme.

Pour Zoïa Guschlbauer, présidente de la FIDL, cette appli « encourage le harcèlement », qui est déjà un phénomène « très grave et répandu » dans les établissements scolaires. « Qu’on imagine faire de l’argent avec des ragots nous met très en colère », dit-elle.

L’AFP n’est pas parvenue à joindre la créatrice de cette application, gratuite pour le moment mais qui prévoit « une version premium » payante permettant « d’avoir accès aux ragots de manière permanente ».

Aux Etats-Unis, des applications de ce type existent depuis quelques mois: Secret, Yik Yak ou encore Whisper (chuchotement). La première, qui avait connu un succès fulgurant à son lancement début 2014, a mis la clé sous la porte en avril, après avoir vu fondre le nombre de ses abonnés.

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